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Aqmi, la nébuleuse qui est entrée en collision, avec le MNLA, est appelée « nébuleuse », tant elle est inextricable dans ses actions et ses prises de positions. On pourrait en dire autant d’Iyad Ag Ghali, qui a été de toutes les rébellions depuis 1990.

Le MNLA a reconnu la présence à ses côtés, sur le terrain, Iyad Ag Ghali, l’ex-chef de la rébellion des années 1990 devenu… salafiste ! Selon Pierre Boilley, directeur du Cemaf, le Centre d’études des mondes africains : « Le groupe d’Iyad Ag Ghali qui est de fait salafiste a constitué un petit groupe d’orientation salafiste« .

Iyad Ag Ghali est un ancien rebelle touareg malien, qui fut le chef du Mouvement populaire de l’Azawad (MPA) pendant les années 1990. Il est nommé le 21 novembre 2007, premier conseiller consulaire à Djeddah. Iyad Ag Ghali est connu pour être celui qui a déclenché la rébellion dans la nuit du 28 juin 1990 à Menaka à la tête du Mouvement populaire pour la libération de l’Azawad (MPLA), créé en 1988 et considéré comme le front historique de la rébellion touarègue au Mali.

A la suite d’une opposition aux Accords de Tamanrasset en 1991, le MPLA se scinde en trois factions : le Front populaire de libération de l’Azawad (FPLA), dirigé par Mohamed Ag Rhissa avec comme secrétaire général, Zeidane Ag Sidalamine, et l’Armée révolutionnaire de libération de l’Azawad (Arla) commandée par Abderamane Ghala.

Iyad Ag Aghali, lui, prend alors la tête du Mouvement populaire de l’Azawad (MPA), mouvement modéré composé d’un millier d’hommes essentiellement recrutés parmi les Ifoghas. C’est le seul groupe rebelle à soutenir le Pacte national de 1992. Il est dissous en mars 1996, à l’occasion de la Flamme de la paix à Tombouctou.

En mai 2006, il participe au mouvement de l’Alliance démocratique du 23-Mai pour le changement aux côtés d’Hassan Fagaga et d’Ibrahim Ag Bahanga. Il en devient le secrétaire général. Ce mouvement débouchera sur les Accords d’Alger. En 2008, il est nommé par Amadou Toumani Touré, conseiller consulaire à Djeddah, d’où il est expulsé en 2010.

A. K.

Les Échos du 24 Février 2012