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Le récent viol collectif d’une paysanne, ordonné par un chef de village pour la punir d’avoir enfreint un tabou, a mis le Mozambique en émoi: des militants dénoncent les violences faites aux femmes, mais certains tenants de la « tradition » tentent de justifier l’agression. L’affaire, survenue en décembre dans le nord du pays, provoque un débat passionné sur le statut des femmes, dans ce pays d’Afrique australe généralement loué pour avoir plus que d’autres promu l’égalité des sexes en politique. « Les hommes ne sont pas encore prêts à voir dans les femmes des personnes ayant les mêmes droits qu’eux », estime M. Macuacua. L’organisation féministe Muleide a défendu la paysanne, disant qu’elle se rendait à son champ et qu’elle ne savait pas qu’elle passait à proximité d’un site d’initiation. Mais un célèbre journaliste de santé Pedro Nacuo a justifié le viol collectif dans un éditorial, estimant qu’elle l’avait cherché en traversant à plusieurs reprise le champ de l’initiation. Le Mozambique a bien adopté une loi sur la violence domestique en 2009. Mais « la faire appliquer rencontre beaucoup de résistance, parce que les gens ont des préjugés », soupire l’anthropologue Maria José Arthur du groupe « Femmes et Droit en Afrique australe ». AFP.