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Il n’est un secret pour personne que l’école malienne, depuis plus d’une dizaine d’années, n’est plus que l’ombre d’elle-même. Cependant, jamais dans les résultats, ce constat n’a été confirmé. Avec le changement enclenché depuis le 22 mars dernier, par le coup d’Etat, l’on vient de voir enfin le vrai visage de notre école.

En effet, avec un taux de réussite de 12,36%, le résultat du bac 2012 a été la surprise générale, car de mémoire de Malien, jamais l’école malienne n’a réalisé un score aussi bas. Et pourtant, pour qui suit l’évolution de notre école, dans ces dix dernières années, ce résultat de 12,36% ne saurait le surprendre.
Ce résultat est la traduction de ce qui est en réalité notre école. Tout le monde s’accorde à dire que l’école malienne est malade, que le niveau des élèves baisse d’année en année.

Cependant, dans les résultats des différents examens, on ne cessait de grimper. Comment expliquer ce paradoxe ?

Personne ne s’était posé cette question. De la magouille à l’irresponsabilité de l’administration scolaire en passant par la corruption, le harcèlement de tous genres, le favoritisme, voilà les maux dont souffre notre école. C’est la course aux diplômes et non la recherche de la connaissance. Ce qui fait que des parents d’élèves insouciants n’hésitent pas à débourser des sommes colossales auprès des directeurs ou des enseignants sans vergogne pour faire passer leurs progénitures et cela depuis le fondamental.

Quant à l’Etat, il est plus préoccupé par son image que par la performance de son système éducatif. Ce qui fait qu’on a des diplômés avec un niveau zéro.
Bref, contrairement à ce qu’on chante à longueur de journée, l’école est le dernier des soucis et du pouvoir politique et surtout des parents d’élèves.
Les élèves, laissés à leur sort sans aucune contrainte, comment s’attendre à un bon résultat si réellement les conditions requises sont respectées ?
Ce résultat de 12,36%, au lieu que ça nous étonne, doit plutôt nous amener à une prise de conscience sur ce qui est réellement notre école. Il lève le voile sur toutes les manipulations et supercheries qui se passent autour des moyennes d’admission.

Ce résultat doit nous interpeller tous qu’il est temps de se défaire des discours politiciens et des pratiques ignobles pour agir, car, on ne casserait pas de le dire, notre école est malade et très malade. Elle a besoin d’une véritable thérapie de profondeur et cela à tous les niveaux et d’ordres d’enseignement.
L’heure n’est plus de chercher un responsable, mais se responsabiliser. Que chacun à son niveau s’interroge sur ce qu’il a fait et ce qu’il doit faire maintenant pour sortir notre école de l’impasse. Ceci n’est pas un choix, mais un impératif qui s’impose à tout ce qui comme vrai souci, le Mali, car la force, la puissance d’une nation réside forcément dans la rigueur de son système éducatif.

Daouda DOUMBIA

22 Août 2012