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Localité paisible située derrière l’aéroport international de Bamako-Sénou donc dans la zone aéroportuaire, le village de Moussalabougou jusqu’à présent connu pour ses vastes champs de cultures est désormais ciblé comme un point de passage de la drogue dans notre pays.

Dans la nuit du 22 au 23 avril 2009, les agents de la Brigade Mobile d’Intervention de Bamako ont, au cours d’une opération de routine saisi 225 brigues de chanvre indien dans un champ de Moussalabougou après une longue randonnée nocturne.

Ces 225 brigues de chanvre indien étaient entreposées dans dix (10) gros colis, tous cachés dans un petit local érigé en plein milieu du champ. Cette opération menée de main de maître par les hommes de l’inspecteur des douanes Mohamed Coulibaly de 3 heures du matin jusqu’à 8 heures du 23 avril 2009 a été une réussite totale.

En effet, les agents des douanes de la BMI de Bamako sont parvenus non seulement à démanteler, ce réseau de trafic de drogue en découvrant et en détruisant un dépôt clandestin mais mieux, après l’opération, ils se sont rendus compte qu’ils venaient de saisir la quantité la plus importante de chanvre indien depuis janvier 2009. Le poids total des 225 brigues de chanvre indien a en effet été estimé à 435 kg à la pesée réelle.

Un poids qui dépasse largement la norme si on sait que le chanvre indien est d’ordinaire conditionné en raison de 2 kg la brigue.

Récit de la déroute des narcotrafiquants

En jetant leur dévolu sur un village situé dans la zone aéroportuaire, les narcotrafiquants avaient bien calculé leur coup. Dans leur entendement, les forces de sécurité occupées plus par la sécurité aéroportuaire tant au sol qu’en air avaient mieux à faire que de s’intéresser à ce qui se passait réellement dans un petit village, Moussalabougou, se trouvant derrière l’aéroport. Mais ce qui les a perdu, c’est de n’avoir jamais intégré dans leur calcul le flair légendaire de certains de nos agents.

Et, c’est le flair du chef de la BMI de Bamako, l’inspecteur des douanes Mohamed Coulibaly qui aura finalement raison d’eux. Ce dernier intima l’ordre à ses unités dans la zone aéroportuaire de rester vigilantes par rapport à ce qui se passait aux alentours de l’aéroport de Bamako-Sénou.

C’est ainsi que dans la nuit du 22 au 23 avril dernier, les unités de la BMI de Bamako dans la zone aéroportuaire ont interpellé un taxi qui venait de Moussalabougou. Le chauffeur de taxi à la vue des agents des douanes abandonna sa voiture en prenant la poudre d’escampette laissant ainsi son passager seul à bord. Après une fouille minutieuse du taxi, les douaniers découvrirent des brigues de chanvre indien contenu dans deux colis.

Ledit passer qui était apparemment le propriétaire des colis encombrants n’a voulu rien dire aux agents des douanes qui l’ont pourtant bien cuisiné. Mais ces derniers déterminés à en savoir plus sur l’origine et la destination de ces «herbes qui tuent» décidèrent de remonter les traces du véhicule. Et malgré une nuit noire, la détermination des douaniers finit par payer. Les traces des pneus du taxi s’arrêtaient en effet au bord d’un champ.

Commença alors une fouille minutieuse du champ mètre par mètre qui finira par donner des résultats inattendus : un dépôt clandestin, dans lequel étaient entreposés 10 gros colis contenant 225 brigues de chanvre indien d’un poids total de 435 kg à la pesée réelle.

Aux dires du chef de la BMI de Bamako, l’inspecteur des douanes Mohamed Coulibaly qui présentait le vendredi (24 avril 2009) matin à la presse son butin de guerre «cette drogue provient du Ghana, elle était destiné au Sénégal».

Selon lui, le passager du taxi n’est autre qu’un certain Amadou Doumbia, natif de Bougouni et qui mène des activités dans la zone de Koutiala.

Il ressort des allégations du délinquant que le Mali ne sert que de point de transit pour le chanvre indien. «Ce sont des cyclistes mossis qui transportent la drogue en 25 à 30 jours pour rallier le Mali» révéla-t-il en outre.


A travers ces révélations, force est de reconnaître que les trafiquants de drogue ont changé de mode opérationnel.

Désormais le versant Guinéen est abandonné au profit des zones non connues comme Moussalabougou. Et pour les pister sur le terrain c’est-à-dire veiller sur les 7 000 km de frontière de notre pays, les services des douanes qui ne sont pas nantis en moyens matériels et logistiques ont plus que besoin de la collaboration franche et sincère des populations.

Une collaboration qui est plus que nécessaire et impérieux pour éviter que le Mali qui est jusqu’à présent réputé comme un pays de passage de drogue ne se transforme en pays de consommation. Il faut tout faire pour que le Mali ne soit pas perverti par ce fléau qui nous menace de plus en plus. C’est donc une question de survie nationale que de participer à la lutte contre le trafic des drogues dures et drogues douces.


Birama Fall

27 A vril 2009