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De sources concordantes, le rapport de synthèse des missions de vérification du Bureau du vérificateur général est attendu dans les prochaines semaines. » Probablement dans la première semaine du mois d’octobre « , révèle une des sources. Ce document, soulignent-elles, renferme la «gestion approximative » de la primature durant la transition. D’autres secteurs d’activité, tel le PMU-Mali, sont indexés pour «leur gestion non orthodoxe des deniers publics».

Le rapport annuel 2012 du Bureau du Vérificateur général est très attendu par les observateurs de la scène socio-politique nationale dans la mesure où des voix ne cessent de s’élever pour décrier le laisser-aller dans la gouvernance durant la période transitoire qui vient de s’achever.

Selon nos sources, le rapport de cette année que le Vérificateur général Amadou Ousmane Touré s’apprête à rendre public est tout simplement « explosif ». La primature y serait épinglée dans plusieurs marchés juteux conclus dans des conditions ne respectant pas les règles en la matière. Ce qui donne à penser que c’est la double gestion de Dr Cheick Modibo Diarra et de Diango Cissoko qui est concernée.

Ce qui est sûr, c’est que les autorités de la transition elles-mêmes ne se méprennent pas sur les éventuelles casseroles que peuvent traîner certains départements. C’est peut-être pourquoi lors du tout dernier conseil des ministres extraordinaire du gouvernement de transition, le président Dioncounda Traoré disait aux ministres de ne pas s’étonner d’être, dans les prochains jours, à la une des journaux. Il faut ajouter à cela que d’autres structures comme le Pari mutuel urbain du Mali (PMU-Mali) et des organismes parapublics en délicatesse avec les impôts sont concernés dans le document du BVG.

En effet, la transition politique que vient de vivre le Mali apparaît comme la période de la porte ouverte à une gouvernance laxiste du fait de la crise que traversait le pays. Le contexte d’urgence a fait que plusieurs ordonnateurs n’ont pas toujours respecté les procédures légales de passation des marchés publics.

Ainsi même si les nouvelles autorités n’évoquent pas encore explicitement un audit général des services publics, certains départements sensibles d’où exhalent des parfums de mauvaise gestion n’hésitent pas à s’engager dans cette voie. A titre d’exemple, le nouveau ministre des Mines, Dr Boubou Cissé, vient de décider de procéder à un inventaire général des contrats miniers passés avant son arrivée à la tête du département. Et l’on annonce que certaines conventions vont être remises en cause. A cet égard, il convient de rappeler que l’ex-Vérificateur général Sidi Sosso Diarra déclarait récemment dans une interview accordée à L’Indépendant que «les contrats miniers signés durant la transition doivent être audités».

S’il n’y a pas de fumée sans feu, cette alerte d’un fin connaisseur du domaine de la lutte contre la corruption et la délinquance financière doit pousser les nouvelles autorités à aiguiser le couteau de la transparence et à faire …tomber des têtes. Surtout que IBK martelait le 4 septembre dernier, lors de son investiture que « nul ne va plus s’enrichir de manière illicite sur le dos du peuple malien ».

C’est l’occasion de prouver la fin de l’impunité pour les voleurs et pilleurs de l’argent public. C’est cela aussi le changement auquel aspire le peuple. Alors, on attend avec impatience le rapport du BVG !

Bruno D SEGBEDJI

17 Septembre 2013