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Le Mali, pays continental de l’Afrique Occidentale regorge d’importantes quantités de terres aménageables, surtout dans la Vallée du fleuve Niger qui concentre à elle seule environ 1 800 000 ha sur un potentiel national de 2 200 000 ha.

Pour accélérer l’irrigation, les autorités maliennes ont instauré la Stratégie Nationale de Développement de l’Irrigation (SNDI) en 1999 avec l’appui de la FAO et de la Banque Mondiale. Car actuellement, l’Office du Niger est faiblement aménagé. En effet, pour améliorer la SNDI, les experts en la matière se sont concertés en mi-mai au Centre International de Conférences de Bamako.

Des options pour le succès de la SNDI

Au cours de cette rencontre, les spécialistes ont mis l’accent sur un certain nombre de stratégies pouvant conférer à l’irrigation tous les apports indispensables à son succès.

Il s’agissait entre autres : des options du schéma directeur du développement rural dont l’objectif global recherché est l’amélioration des revenus et des conditions de vie des populations afin de contribuer à un développement humain durable et équitable ; un des objectifs spécifiques visait la sécurité alimentaire par l’augmentation,

la diversification et la valorisation des produits agricoles, pastorales, forestiers et halieutiques, la détermination du gouvernement à lutter contre la pauvreté qui est devenue un axe central de son approche de la promotion du développement humain durable, et enfin le facteur qui a été déterminant pour l’Etat a été l’assurance qu’il avait de l’engagement des partenaires techniques et financiers à soutenir toutes ces réformes stratégiques.

La SNDI faiblement mise en oeuvre

La SNDI a été élaborée, il y a bientôt une décennie. A son évaluation précédente, force a été de constater qu’elle n’a pas été suffisamment mise en oeuvre. Devant ce constat, alors que les objectifs généraux et spécifiques de la SNDI restent incitatifs, le ministère de l’Agriculture, sur financement du Royaume des Pays-Bas et la Banque Mondiale, à travers le PNIR et le PASAOP, toujours déterminés à donner une impulsion plus vigoureuse et plus probante au développement de l’irrigation au Mali, a décidé de procéder à la relecture de la SNDI.

Cette relecture est rendue nécessaire du fait des évolutions importantes qui sont intervenues dans le domaine agricole du Mali, dont l’adoption de la Loi d’Orientation Agricole.


L’insuffisance des inventaires

Il n’existe pas aujourd’hui un inventaire complet proprement dit des aménagements hydro-agricoles au Mali ; c’est ce qui explique l’utilisation fréquente de données anciennes en matière d’inventaires.

Chaque structure disposant d’un inventaire sommaire de sa zone d’intervention. Certaines régions comme Tombouctou, tentent de finaliser un inventaire plus ou moins exhaustif des périmètres irrigés existants dans la région.

L’Absence au niveau national, régional et local d’un cadre de concertation et de communication. Les structures de tutelle tentent d’y remédier pour rendre plus clair leur rôle lié à la collecte et à l’actualisation de l’information sur les aménagements.

Les contraintes de l’irrigation

Les contraintes de ce secteur ont pour noms: l’inexistence de coordination au niveau national et régional. La seule concertation se fait à travers les programmes ou projets qui ont été créés de façon circonstancielle des comités de pilotage ou d’orientation. Les conflits de compétence demeurent encore aussi bien entre les services techniques de l’Etat qu’entre les services techniques et la société civile.

La rencontre de relecture de la SNDI a mis un accent particulier sur : la nécessaire articulation avec la Loi d’Orientation Agricole, la déconcentration des services d’appui, la création d’une cellule de suivi et de pilotage de la stratégie au sein de la Direction Nationale du genie rural, une meilleure articulation avec les collectivités territoriales, la définition d’un mécanisme adapté de financement, la recherche sur l’irrigation, le renforcement des structures.

Actuellement au Mali la superficie totale aménagée en maîtrise totale d’eau, de submersion contrôlée et de Bas-fonds s’élève à 325 430 ha. La relecture de la SNDI est donc une aubaine pour relancer davantage l’aménagement, le potentiel aménageable, surtout que cette révision coincide avec l’application du Projet de Développement Economique et Social (PDES) du président de la République qui accorde une place centrale à l’Agriculture.

Mamoutou DIALLO (Stagiaire)

17 Juin 2008