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La crise anglophone au Cameroun qui a dégénéré il y a un an en conflit armé, puise ses racines dans une histoire coloniale tumultueuse et un sentiment de marginalisation de la minorité de culture anglo-saxonne. Une « sale guerre » frappe depuis près d’un an le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, les deux régions anglophones sur les dix du Cameroun. Des groupes armés y luttent pour obtenir la division du pays et l’armée y a été déployée en masse pour les traquer. Le Cameroun, confronté à sa plus grave crise sécuritaire depuis son indépendance il y a 58 ans, paye aujourd’hui le prix fort d’un passé et d’une diversité culturelle mal gérés par ses dirigeants, selon des analystes. En 1884, ce riche pays d’Afrique centrale devient un protectorat allemand. Après sa défaite lors de la première guerre mondiale, l’Allemagne perd le contrôle de cet Etat au profit de la France qui y occupe les 4/5e du territoire et du Royaume uni qui s’octroie le 1/5e restant. Les conséquences de cette division sont « devenues aujourd’hui dramatiques (parce qu’elles) ont été très mal gérées », explique un ex-secrétaire général à la présidence camerounaise, Titus Edzoa. Le 1er janvier 1960, la partie du territoire camerounais administrée par la France accède à l’indépendance. Un an plus tard, un des Etats sous tutelle britannique – le Nord majoritairement musulman – se prononce pour son rattachement au Nigeria. L’autre, le Southern Cameroon, choisit le rattachement au Cameroun francophone. Les deux entités camerounaises forment une République fédérale le 1er octobre 1961, avec quatre Assemblées nationales. Fin de l’Etat fédéral : L’instauration du fédéralisme est précédée d’une importante conférence à Foumban (ouest) au cours de laquelle les modes de gestion du pays sont fixées: les anglophones obtiennent la prise en compte de leurs spécificités culturelles et l’autonomie de chaque Etat.AFP