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L’arrêté du ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique du 15 septembre 2008 confirme l’introduction définitive du nouveau règlement intérieur de l’Université de Bamako, un code de conduite et d’attitudes que le personnel, les étudiants et les professeurs sont tenus de respecter sous peine de sanction.

Le nouveau règlement intérieur de l’Université de Bamako précise dans son article 2 que « le règlement a pour objet de fixer les règles relatives aux domaines suivants : le fonctionnement des organes de l’Université, l’hygiène et la sécurité du personnel à l’intérieur de l’Université, le paiement des salaires du personnel, la discipline et les congés ».

Aux dires des autorités universitaires, l’introduction d’un nouveau règlement intérieur permet de prévenir les attitudes négatives qui ternissent l’image de l’Université. Elle est une suite logique des recommandations du Forum national sur l’éducation.

Ce règlement a un caractère contraignant, notamment en son article 3 qui stipule que « tout le personnel de l’Université ainsi que les étudiants ont obligation de se conformer sans restriction, ni réserve aux prescriptions du règlement intérieur ».


Des paliers de sanctions

Dans le chapitre « obligation et droits du personnel et étudiants », le document note qu’un cahier de présence doit être désormais tenu dans tous les services afin de contrôler l’heure d’arrivée et de sortie du personnel. « Nul ne peut émarger à la place d’une autre personne », précise le règlement intérieur qui prévoit des sanctions pour tout manquement à ces dispositions.

Ainsi on peut lire par exemple dans l’article 7 que « tout retard répété sans justification entraîne l’application des sanctions prévues par le statut général des fonctionnaires ou par le code du travail ».

Il n’est un secret pour personne que l’indiscipline est un phénomène récurrent au sein de l’école malienne en général et de l’Université en particulier. C’est pourquoi le nouveau règlement intérieur s’est intéressé à la question de la discipline relative aux étudiants et gérée par le « Conseil de discipline de l’Université ». Les décisions de celui-ci sont « sans recours ».

Les sanctions disciplinaires vont de la réprimande, à l’avertissement, en passant par le blâme, l’interdiction de s’inscrire et ou subir des examens dans l’établissement au sein duquel l’intéressé était admis pour une période allant de un à deux ans.


Pourquoi ?

Autocélébration ! C’est le sentiment de bon nombre de Maliens après la décoration de 900 personnalités maliennes et étrangères le 19 janvier 2009 par le chef de l’Etat. Pourquoi ? Parce que parmi les récipiendaires, son épouse, présidente de la Fondation pour l’Enfance, une institution caritative qui fait œuvre utile, soulageant la souffrance des démunis.

L’honnêteté veut que l’on reconnaisse que Mme Touré Lobbo Traoré mérite d’être élevée plus qu’à la dignité de commandeur de l’Ordre national.

Mais le hic, c’est qu’elle a reçu sa distinction des mains de son époux. Et l’ORTM, comme d’habitude, a fait preuve de zèle en ouvrant le JT par cette information qui aurait dû passer sous silence car elle n’était ni la première personnalité décorée ni la plus haute distinction. La Chancellerie des ordres nationaux, nous semble-t-il, a induit en erreur le chef de l’Etat et ses conseillers n’ont rien vu venir.

Alpha a laissé l’opportunité à son successeur de décorer son épouse, ATT aurait dû laisser à son remplaçant la possibilité de décorer la présidente de la Fondation pour l’Enfance. L’hommage aurait alors eu plus de retentissement. Soumangourou Kanté, roi du Sosso, s’adressant à Balla Fasséké Kouyaté, ne disait-il pas que « Môgô kagni môgô wèrè da kà tê mè i yèrè kan ». Traduction : « Il faut laisser aux autres le soin de vous louanger ».

En d’autres termes, si Mme Touré avait été décorée après le mandat de son époux, cela aurait été une occasion de plus de convaincre les sceptiques sur la sagesse et l’humilité qui caractérisent le Malien qui, en général, évite de parler de lui-même, de se jeter des fleurs, tout en permettant aux autres de le juger à l’aune de ses actes.

Amadou Waïgalo

22 Janvier 2009