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Malam Ahmad joint les mains à la vue des murs soufflés du lycée du nord-est du Nigeria où plusieurs dizaines de jeunes gens ont été tués le mois dernier.« Nous sommes encore sous le choc de l’attaque », dit ce professeur qui enseigne l’anglais depuis l’ouverture de l’établissement il y a treize ans. Des responsables locaux assurent que les éducateurs vont poursuivre leur mission malgré cette tuerie et l’armée, qui a lancé une grande opération anti Boko Haram dans la région en mai, y voit la preuve que les insurgés en sont réduits à des « actions désespérées ». Mais plus d’un mois après les faits, la peur est toujours là et les écoles du Yobe ont été fermées jusqu’à septembre pour renforcer la sécurité. Boko Haram, un groupe islamiste armé dont le nom signifie « l’éducation occidentale est un péché » en haoussa, n’en n’est pas à sa première attaque d’école.Selon le gouverneur du Yobe, Abubakar Aliyu, 209 établissements scolaires ont été incendiés par les islamistes entre novembre 2011 et juin dernier. L’attaque du lycée de Mamudo et de deux autres établissements de la région au cours des dernières semaines semble signaler une nouvelle phase de l’insurrection face à l’offensive lancée par l’armée dans les États du Yobe, Borno et Adamawa, tous situés dans le nord-est du Nigeria et où l’état d’urgence a été proclamé. AFP.