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L’une des composantes clés du régime des généraux, l’équipe de l’Inspecteur général de police Modibo Sidibé, tarde à sortir de sa torpeur pour faire face aux multiples et urgentes attentes des Maliens qui constatent avec amertume que le capitaine du bateau- Mali qui tanguait depuis des années a décidé, sans se soucier de la vie des milliers de gens qui l’accompagnent de le couler dans le lac Débo.

De la part de cet homme, il fallait s’y attendre. Parce qu’il n’a su en aucun moment au cours de ce voyage pénible la responsabilité qui reposait sur ses épaules pour mener à bon port le bateau. Mais malheureusement pour lui. Les voyageurs, dont il faisait semblant d’ignorer leur capacité de détermination, commencent à s’organiser pour sauver ce qui peut l’être. Arriveront-ils ?

Sans passer par mille chemins, la réponse est affirmative. Formé pour traduire la promesse électorale, le Programme de développement économique et social (PDES), du président ATT en acte concret, le gouvernement dirigé par Modibo Sidibé est déjà en panne d’idées.

En l’espace de 15 jours, le gouvernement a géré sans succès deux grèves. Pour n’avoir pas donné satisfaction aux revendications des transporteurs et des enseignants du secondaire, les syndicats de ces corporations ont mis en exécution leur menace de grève.

Les transporteurs, avant de capituler, ont au moins paralysé le pays le premier de leur grève (30 octobre dernier). Les effets se sont plus sentis à Bamako. Ils étaient des milliers, les usagers des bus et des SOTRAMA, à se débrouiller pour rallier le centre ville ou leur lieu de travail.

Les 6 et 7 octobre, c’était le tour des enseignants du secondaire. Regroupés au sein d’une coordination, les syndicats du secondaire (SYNTES, SYPCES, SYNESTP, SYNAPEF) ont appelé leurs militants à une cessation de travail. Résultat : la grève a été un franc succès. Même si le gouvernement a appliqué l’adage « le chien aboie, la caravane passe ».

On peut dire que le gouvernement de Modibo Sidibé aura du pain sur la planche. Sinon, généralement, après les visites de courtoisie que les membres du gouvernement rendent à leurs partenaires, on suppose que dans le cadre de la collaboration, les partenaires donnent le temps au Ministre de «s’installer», histoire pour lui de prendre contact avec les dossiers de son département.

Curieusement, le gouvernement de Modibo n’a pas bénéficié de ça. Or ses prédécesseurs, ont tous bénéficié du bénéfice du doute de la part de leurs partenaires. Est à dire que le Premier ministre est venu au mauvais moment ou on pense qu’il connaît déjà les problèmes des Maliens. Pour avoir été l’un des rares hommes qui détient le record de longévité dans les rouages de l’administration depuis l’avènement de la démocratie.

Mais à y regarder de près, on peut s’empresser de dire que ni l’un ni l’autre argument ne tient débout. Le Premier ministre Sidibé ne récolte que la tempête d’un vent que ses devanciers ont semé. Ce lourd héritage qu’il a sous ses bras ne lui facilitera pas la tâche pour la mise en route du PRODES.

Les problèmes qui surgissent aujourd’hui ont presque tous fait l’objet d’un accord entre les syndicats et les gouvernements Ag Hamani I et II et Pinochet.
Malgré cet état de fait, les membres du gouvernement n’arrivent toujours pas à apporter leur touche de changement que le peuple attend ardemment.

Là où on peut leur tirer le chapeau, c’est leur présence remarquée à l’ouverture des séminaires.
Les Maliens, qui pensaient que le nouveau gouvernement allait prendre les choses en main, ont vite déchanté.

Yoro SOW

12 novembre 2007.