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Un missionnaire américain a été tué mardi dans la région du Nord-Ouest anglophone du Cameroun en proie à un violent conflit entre des combattants séparatistes et l’armée, ont indiqué des sources médicale, religieuse et sécuritaire. Il a « succombé à ses blessures » après que son véhicule a été « criblé de balles » mardi à Bambui, en banlieue de la capitale régionale, Bamenda, a déclaré à l’AFP une source proche de l’archidiocèse de Bamenda. Blessé dans une attaque, il a été évacué à l’hôpital de Bamenda, où « il est mort cet après-midi », selon une source à l’hôpital, confirmant une information d’une source sécuritaire à Yaoundé. Médecins sans frontières (MSF) est intervenue après l’incident pour évacuer « les blessés de l’attaque », a confirmé une source humanitaire. Un déploiement de forces de sécurité était visible mardi soir autour de l’hôpital, selon des témoins. Les deux régions anglophones camerounaises sont le théâtre depuis un an d’un conflit entre des séparatistes réclamant l’indépendance du Cameroun anglophone et l’armée camerounaise. Il n’était pas possible mardi soir de déterminer de manière indépendante de quel camp ont été tirés les coups de feu fatals au missionnaire. Contactée par l’AFP, l’ambassade des Etats-Unis à Yaoundé n’a pas fait de commentaire. « My cher mari, Charles, est désormais avec le Sauveur qu’il a adoré et fidèlement servi pendant de nombreuses années », a posté sur Facebook Stéphanie Wesco, la femme du missionnaire Charles Wesco, indiquant que son « coeur est brisé ». « Je veux me réveiller d’un horrible cauchemar ». Jeudi, un enseignant de l’université de Bamenda avait été tué à Bambui. Des enseignants de l’université avaient estimé que son « assassinat » portait « la signature des Amba Boys » – les séparatistes – sans qu’il soit possible de confirmer l’information. Dans les deux régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, une crise socio-politique sans précédent s’est installée fin 2016. Elle s’est transformée fin 2017 en conflit armé. Des affrontements entre l’armée et des séparatistes, regroupés en groupes épars dans la forêt équatoriale, s’y produisent depuis plusieurs mois quasiment tous les jours. AFP