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De plus en plus, à Bamako, les marabouts, ou des ayant fait fonction, écument les familles, les lieux de regroupement pour prêcher la bonne parole. Dans l’environnement, rien ne se fait sans sa présence et ce qu’il dit a valeur de fatwa.

Ce samedi, il y a eu le décès d’une personnalité dans le quartier. IB arriva, enturbanné, un bâton en main, psalmodiant, comme à son habitude. Cependant, le défunt, appartenant à une famille d’érudit, ses parents avaient fait le déplacement. Ils concédèrent cependant le premier rôle à IB, rôle principal, chacun suivant ses directives.

Puis, vint le moment de la lecture du coran. IB, comme à son habitude, a eu droit à la première partie. Il a commencé. Comme à son habitude, le son qui sortait de sa bouche n’était pas articulé. Puisque l’assemblée, généralement, est inculte dans les sciences coraniques, chacun mettait cela sur le compte de la rapidité.

Mais, ce jour, dès qu’il a commencé, un membre de la famille IB l’a arrêté, lui demandant de lire, d’articuler et de ne pas juste se contenter de sortir des nhunnnnnn.

Il n’en a pas été capable. C’était la douche froide. Quelqu’un lui posa une question en arabe. Pas de réponse. La même question en bambara. Pas de réponse. Son inquisiteur, furieux, se leva, expliqua que le monsieur ne connaissait rien. Il fut chassé comme un malpropre à la surprise des habitants du quartier.

Soumba Diabaté

@Afribone