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Il a beau avoir des cheveux blancs, des petits-fils, Madou refuse de laisser tomber les jupons. Mais à force de s’entêter, on finit toujours par payer pour ses fautes. C’est une de ses multiples maîtresses qui va lui donner une leçon mémorable. Sa passion pour les jupons a failli lui coûter la vie. Récit.

Dans la nuit du 02 au 03 mars dernier aux environs de 23 heures, sur un carrefour qui mène dans un petit village des alentours de la Communauté Urbaine de Niamey, une Toyota familiale garée à une vingtaine de mètres d’une route tortueuse attire l’attention des quelques passants.

C’est alors que les curieux s’approchent et remarquent une silhouette en train de se débattre à l’intérieur de la voiture comme s’il y était coincé. C’est effectivement le cas. L’homme, de son surnom Madou cherchait à se dégager de là, sans résultat.

Il était au bord de l’asphyxie quand les secours parvinrent difficilement à le dégager de sa « prison ». Aucune trace des clés de la bagnole sur la victime. Cela parut très étrange aux sauveurs de Madou qui se mirent à le bombarder de questions. Mais il était trop vieux et semblait bien habillé pour être un voleur.

Quand Madou sentit la détermination de ses interlocuteurs de le conduire à la police, il fut obligé de lâcher du lest et conta sa mésaventure. C’est une femme qui est à la base de la torture qu’il venait de subir. D’après sa version des faits, il n’y avait pas d’antécédent qui pourrait expliquer le comportement de sa maîtresse.

Ce n’est pas la première fois qu’ils sortent ensemble et les choses se sont toujours bien passées, sans heurts, chacun trouvait son compte. Et d’ailleurs jusqu’à ce qu’ils arrivent sur ce lieu de rendez vous, pas le moindre signe d’une quelconque tension.

Pour Madou, ça allait être comme les autres fois, c’est-à-dire du « gagnant -gagnant ». Ainsi, il était loin de se douter que sa compagne mijotait un plan machiavélique. Aussitôt sur le lieu du « combat », la maîtresse de Madou sortit du véhicule prétextant un besoin pressant.

Occupé à faire sa préparation pour le « face à face », le « maître de cérémonie » n’a pas remarqué que sa maîtresse avait verrouillé les portières de la voiture. Quand son esprit revint sur terre, il se rendit compte de l’absence prolongée de cette dernière.

Il appela au numéro de la jeune femme, histoire de lui faire savoir que la testostérone lui montait très haut, qu’elle devait par conséquent se dépêcher. La seule réponse qu’il eut était : « vieux con, Adieu. » Et ce fut la panique de Madou qui se rendit compte à quel point il était pris dans un piège.

Pourquoi sa compagne s’est-elle comportée de la sorte ?

Selon la victime, il s’agit sans doute d’un complot commandité par un de ses ennemis. Dans la même nuit, le vieux Madou dut recourir au service d’un mécanicien pour dégager son véhicule de là.

Quelle explication a-t-il pu donner à sa famille ?

Aux dernières nouvelles, il aurait retrouvé ses clés que sa maîtresse a fait parvenir à un de ses amis. Mais, elle avait raconté à qui veut l’entendre qu’elle a voulu ainsi donner une belle leçon à ce vieux pervers.


Omar Kané

Le Canard déchaîné du 10 Mars 2008.