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Un journaliste malien basé à Bamako est porté disparu depuis le 12 mai, a indiqué mercredi l’organisation Reporters sans frontières (RSF), en s’inquiétant de violations de la liberté de la presse depuis trois semaines au Mali, secoué par un coup d’Etat militaire le 22 mars.

« Depuis le 12 mai 2012, Babi Ahbi, rédacteur en chef du périodique +Agora+, à Bamako, n’a pas donné de nouvelles. Sa famille, ses amis et ses collaborateurs s’inquiètent de cette disparition soudaine dans un climat peu sûr pour les professionnels des médias », affirme RSF dans un communiqué reçu par l’AFP à Dakar.

Cette information n’avait pu être confirmée immédiatement par l’AFP à Bamako.

« Les autorités de police doivent faire la lumière sur cette disparition inquiétante, sans écarter la piste professionnelle. Qu’il ait été enlevé, emprisonné ou tué, son entourage doit connaître la vérité », déclare l’ONG.

Elle précise que certaines de ses sources affirment que M. Ahbi « serait proche +des gens du nord du Mali+ », en allusion aux divers groupes armés, dont des rebelles touareg et des islamistes, qui occupent depuis près de deux mois cette vaste zone.

Ces mouvement armés, qui combattaient l’armée malienne depuis mi-janvier dans le Nord, ont accéléré leur offensive et pris entre fin mars et début avril Kidal, Gao et Tombouctou à la faveur d’une confusion créée par le coup d’Etat militaire.

Fin avril, l’ONG de défense des droits humains Human Rights Watch (HRW) avait accusé ces divers groupes armés notamment de viols et pillages. Elle avait aussi évoqué des informations sur la « détention arbitraire » et l’ »exécution sommaire de Touareg, membres des forces de sécurité et civils » par des militaires maliens.

Des « exactions » ont été « commises au cours des trois dernières semaines contre des journalistes et des médias » au Mali, selon RSF, qui rappelle les récentes arrestations de deux responsables de journaux privés par les services de renseignements.

D’après divers témoignages, le 12 mai, Birima Fall du Prétoire a été interrogé sur la base d’écoutes téléphoniques et le 16 mai, Saouti Haïdara de L’Indépendant entendu après un article citant un militaire qui « menaçait de commettre des attentats à Bamako ».

Des responsables du réseau de radios privées Kayira, appartenant à un parti pro-putsch, ont annoncé mercredi à l’AFP qu’une de leurs stations dans le centre du pays avait été incendiée le 21 mai par des individus non identifiés.

Challenges.fr, le 24-05-2012 à 03h00