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Avec l’interpellation et l’incarcération mercredi des directeurs de publication des journaux ayant repris intégralement l’article incriminé, la mobilisation s’est intensifiée.

Les responsables des médias et associations de presse ont organisé hier une marche de protestation pour exiger la libération des confrères arrêtés. La marche à laquelle prenait part des journalistes de la presse écrite et parlée et des animateurs de radio est partie de la Maison de la presse pour rallier le ministère de la Justice.

Les marcheurs bien encadrés par un dispositif de sécurité brandissaient des banderoles et des pancartes sur lesquelles on pouvait lire entre autres « Pour la liberté et contre l’intimidation et les harcèlements« .

Au terme de la marche, le président de la Maison de la presse Makan Koné a remis au ministre de la Justice une déclaration dans laquelle on peut lire que « suite à l’arrestation arbitraire et l’emprisonnement illégal de Seydina Oumar Diarra dit SOD, les journalistes et responsables des médias et d’associations de presse sont indignés par la nouvelle tournure qu’a prise cet événement« .

« En effet, poursuit la déclaration, quatre directeurs de publication, Sambi Touré de Info-Matin, Mahamane Hamèye Cissé du Scorpion, Alexis Kalembry des Échos et Birama Fall du Républicain ont été également emprisonnés de façon inique« .

Toujours selon la déclaration, « face à cette situation qui porte gravement atteinte à la liberté de presse et à la démocratie malienne, les journalistes interpellent le président de la République afin qu’il mette fin aux arrestations arbitraires, illégales, indignes de notre époque« .

Déjà dans une autre déclaration publiée mercredi, le comité de pilotage de la Maison de la presse disait avoir « appris avec consternation la vague d’interpellation des directeurs de publication des journaux les Échos, Alexis Kalambry, du Républicain Ibrahima Fall, de Info-Matin, Sambi Touré et du Scorpion, Mahamane Hameye Cissé suite à la reproduction de l’article » incriminé.

« Considérant que la démocratie est de plus en plus fortement revendiquée à travers le monde et qu’au moment où les jeunes démocraties s’efforcent de rebâtir leur vie politique et socioculturelle et même d’accorder les droits et libertés que les citoyens méritent, ici au Mali un paradoxe poignant persiste : la presse malienne est bâillonnée« , indiquait cette déclaration de la Maison de la presse qui réaffirmait sa solidarité indéfectible à l’ensemble de la presse, en exigeant « la libération sans condition et sans délai des journalistes interpellés et l’arrêt des acharnement sur la presse« .

Le ministre de la Justice, Me Fanta Sylla a assuré qu’une attention particulière sera accordée aux dossiers des confrères incarcérés.

Les marcheurs se sont ensuite dirigés vers le ministère de la Communication et des Nouvelles technologies voisin dans l’intention de remettre une copie de la déclaration au ministre Gaoussou Drabo. Mais ils n’auront pas accès à ce département.

Les forces de l’ordre leur ayant fait remarqué que l’itinéraire autorisé pour cette marche n’incluait pas le ministère de la Communication et des Nouvelles technologies. Face à la détermination des agents de sécurité à ne pas les laisser passer, les marcheurs se virent contraints de reprendre le chemin de la Maison de la presse.

L’Essor.

22 juin 2007.