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une-153.jpg Le bar Tabala sentait comme sentent tous les établissements de cette nature. Il était imprégné de l’odeur de l’alcool, des relents de la drogue et surtout de cette effluve particulière qui règne dans les lieux qui font commerce de sexe. Notre petit groupe était assis autour d’une table à l’écart et faisait profil aussi bas que possible. A un moment donné, une jeune fille qui arborait une tenue des plus indécentes sortit d’une chambre de passe en proférant des injures et des propos d’une vulgarité sans pareille à l’endroit de son client. A travers ses vociférations, on comprit très vite ce qui s’était passé.

Beaucoup d’aplomb

Un homme l’avait levée au niveau de la pâtisserie Express, l’avait amenée ici, s’était fait plaisir à trois reprises et refusait maintenant de s’acquitter du prix demandé. Voilà résumé dans une forme décente le problème. La fille, bien sûr, avait une tout autre manière de relater les faits. Les termes qu’elle utilisait étaient si crus que même Satan s’était sûrement bouché les oreilles pour ne pas les entendre.

La dispute menaçait de dégénérer dangereusement. Si bien que les agents en civil qui nous accompagnaient durent se départir de leur envie de discrétion et étaient intervenus. Ils obligèrent le client qui était un monsieur apparemment respectable à payer à la jeune fille le prix des trois passes effectuées.

Certaines prostituées victimes de ce type d’abus n’hésitent pas à faire recours à la police pour rentrer dans leurs droits. Mais, comme nous le disions plus haut, il arrive aussi que ce soit elles qui abusent leurs clients. Au 7è Arrondissement, on raconte encore le cas de ce jeune homme qui avait payé avant de consommer. Une fois dans la chambre de passe, la jeune fille avec qui il s’était entendu s’était déshabillée et s’était mise à émoustiller son client en lui faisant admirer tous ses appas dévoilés. Puis à la grande surprise de son vis-à-vis, elle se rhabilla et demanda à l’autre s’il avait pris du plaisir à admirer le corps parfait qu’elle avait exhibé. Le jeune homme venu tout droit de la campagne répondit chaleureusement par l’affirmative.

La prostituée lui expliqua alors : « Ce spectacle que tu as vu, c’est ce à quoi ton argent te donne droit. Tu peux à présent t’en aller« . Complètement pris de court par l’aplomb de la fille, le client essaya de se rebiffer. Mais la jeune dame le mit dehors sans ménagement. L’homme se rendit immédiatement à la police où il porta plainte contre la prostituée. Cueillie alors qu’elle se trouvait avec un autre mâle à qui elle s’apprêtait à jouer le même tour, la demoiselle – une étudiante – a été contrainte par les policiers à rembourser ses deux clients.

Pêche aux préservatifs
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OMB est une jeune Nigérienne venue dans notre pays pour proposer ses charmes à la clientèle malienne. Elle ne s’est pas livrée aux mêmes simagrées que ses collègues maliennes dont nous vous parlions plus haut. Mais elle a réussi dimanche dernier un coup autrement plus spectaculaire. Elle l’a fait aux dépens d’un de nos compatriotes expatriés C. L. venu passer quelques jours de vacances à Bamako. C. L. avait choisi de loger dans un hôtel de la place situé sur la rive droite. Le samedi dernier, après avoir dormi pendant une bonne partie de la journée, il descendit le soir à la réception pour se dégourdir les jambes. Ce fut le moment choisi par des jeunes prostitués pour affluer à l’hôtel. Le regard de C. L. fut immédiatement attiré par la beauté de la Nigérienne. Il la « négocia » comme on le dit, puis la conduisit à sa chambre. Au moment de passer à l’acte, la jeune fille demanda à l’homme s’il avait des condoms. La réponse fut négative. OMB conseilla à son client d’aller en chercher à la réception. C. L. se rhabilla en toute hâte et courut à la pêche aux préservatifs.

OMB profita de son absence pour inspecter ses bagages. Elle découvrit sur le dessus d’une valise une montre qui visiblement était de très grand prix. Elle s’en empara et alla la cacher dans la corbeille des toilettes. De retour quelques minutes plus tard, C. L. qui était obnubilé par son attirance pour la jeune fille ne vérifia pas si sa montre était toujours en place. Lui et OMB firent ce que pourquoi ils avaient regagné la chambre. L’acte fut si concluant pour le jeune homme qu’il proposa à la fille de rester avec lui pour toute la nuit. Une courte négociation leur permit de tomber d’accord sur le prix à payer.

OMB qui cherchait la meilleure manière de faire sortir son précieux butin indiqua à son client qu’elle voulait aller faire un tour rapide au bar de l’hôtel pour avertir ses amies de ne pas l’attendre. C. L. n’y vit aucun inconvénient. La Nigérienne se rendit d’abord dans la salle de bains pour, dit-elle, y prendre une douche. Elle en profita pour récupérer la montre et la dissimuler dans ses sous-vêtements. Puis elle retourna s’habiller tranquillement dans la chambre avant de descendre effectivement au bar. Elle confia son butin à une de ses amies, passa quelques minutes avec cette dernière avant de monter retrouver son client pour une nuit mouvementée. Aux environs de 5 heures du matin, OMB prit congé de C. L. Comme son client insistait pour la revoir, la jeune femme lui promit de revenir le soir à la même heure que la veille.

Faiblesse de la chair

Aux environs de 9 heures, C. L. se réveilla à son tour, prit sa douche et s’apprêta à sortir pour faire des courses en ville. Il se mit à la recherche de sa montre d’une valeur de 22 530 euros (près de 15 millions de francs d’après la facture présentée à la police) et dut la mort dans l’âme admettre qu’elle lui avait été volée. Ses soupçons se portèrent tout naturellement sur la fille de joie qu’il avait laissée seule dans la chambre pendant un bon moment. Comme OMB lui avait laissé son numéro de téléphone, il l’appela à plusieurs reprises sans succès. L’homme descendit à la réception dans l’espoir de trouver des informations supplémentaires sur sa « visiteuse ». Par chance pour lui, le gérant de l’hôtel connaissait bien la Nigérienne. Il communiqua donc à CL. l’adresse de la dame à Niamakoro. L’ironie du sort faisait que OMB loge à proximité du commissariat du 10è arrondissement.
Ne voulant plus perdre du temps, C. L. alla directement à la police et déclara le vol en précisant pourquoi de fortes présomptions pesaient sur la Nigérienne. Maky Sissoko, le chef B.R. rendit compte à son chef le commissaire divisionnaire Mady Fofana qui l’autorisa à aller cueillir la fille, qui était effectivement bien connue dans le secteur. Des éléments de la brigade de recherche se rendirent chez OMB et l’arrêtèrent avant de fouiller ses bagages où ils découvrirent la montre précieuse cachée dans une valise.

C. L. a retrouvé son bien et il peut s’estimer heureux que l’appât du gain ait poussé OMB à agir sans prendre de grandes précautions. Une péripatéticienne qui aurait eu un peu plus de temps pour monter le vol et qui aurait été moins facilement identifiable que OMB aurait fait payer cher sa négligence à l’expatrié. Mais inutile de s’acharner sur C. L. que son désir d’accéder au septième ciel a rendu extrêmement imprudent. Tout le monde sait que la chair est faible et qu’une libido exacerbée influe négativement sur la lucidité.

G. A. DICKO

Essor du 27 aout 2008