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Les membres de l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès ( ADP) sont des faux alliés du président de la République. Ils l’ont abandonné seul face à ses problèmes, dans la souffrance. Ils voulaient profiter du pouvoir pour s’enrichir et régler leurs comptes politiques. C’est ce qu’écrit notre confrère « L’Indicateur du Renouveau », un journal proche du pouvoir et bien informé sur le sujet.

«Temps de souffrance, pas d’amis », c’est le dicton bien répandu chez nous qui a été choisi par « L‘Indicateur du Renouveau » pour décrire la situation politique qui prévaut au sein de la majorité.

Les contestations se font de plus en plus pressantes : grève des travailleurs, grogne des paysans, plaintes des consommateurs, manifestations des religieux qui ont pris la rue etc.

Le pays va mal, et le président est seul sans l’assistance de ses amis : « les alliés vous tournent le dos à la première difficulté. Le président de la République sait désormais quelque chose de ces politiciens volages qui ne sont jamais là quand les choses se corsent ou même prennent simplement une mauvaise tournure. Ainsi, ses alliés de l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès ont décidé de faire le vide autour de lui au moment même où il a le plus besoin d’eux pour entreprendre des reformes nécessaires qui ne feront certainement pas l’affaire de tout le monde », a écrit « L’indicateur du Renouveau », dans sa parution n°328 du 29 novembre 2007.

Le président se retrouve face à lui-même, lâché par ses supposés amis. Et ce n’est pas que le président a manqué d’expliquer et de partager avec ses alliés de l’ADP, les grandes lignes desdites reformes avant, pendant et après l’élection présidentielle d’avril dernier, explique notre confrère. « Il est allé jusqu’à leur laisser souvent la parole pour expliquer le contenu de son projet de développement économique et social pour le présent quinquennat, histoire de renforcer leurs liens en vue d’affronter unis les problèmes qui surgiront sur leur chemin ».

C’était mal les connaître et mal décoder leur réel dessein qui était seulement de pouvoir partager le pouvoir avec lui en accédant à des postes qui leur permettront de s’enrichir et de régler des comptes, explique notre confrère.

Le journal décidément remonté, fustige « le silence coupable de la majorité présidentielle composée de 43 partis de l’ADP et des indépendants. Parce que leurs ambitions personnelles n’ont pas été satisfaites, des individus à l’instar de Seydou Traoré, Choguel Kokala Maïga voire Me Mountaga Tall et Oumar H Dicko, jadis prompts à défendre les idées du président de la République, sont désormais muets comme pour donner raison à ceux qui pensent qu’ils ne sont plus avec ATT, car ne disant rien dans le débat, ils consentent aux actions des opposants ».

Pour le journal, cette volte face ne saurait étonner : « on savait d’eux qu’ils étaient opportunistes, donc de vrais faux amis auxquels on ne doit jamais se fier ».

Cette sortie musclée de ce journal proche des milieux du pouvoir laisse croire qu’il existe un malaise au sein de la majorité. Les proches d’ATT estiment-ils que les Choguel, les Tall et autres Oumar Dicko sont tièdes dans leur soutien au président de la République ?

Dans sa parution du jeudi 29 novembre « Info Matin », a révélé des propos tenus par le président ATT qui conforte la colère de l’Indicateur du Renouveau : «l’équipe du Premier ministre Modibo Sidibé est un gouvernement ADP. Vous devez vous en convaincre, car c’est la vérité. Aussi l’ADP doit-elle soutenir sans réserve le gouvernement face aux difficultés ». Ces propos écrits par notre confrère, qui ont été tenus par ATT aux leaders de l’ADP qu’il recevait à Koulouba, en disent long sur le malaise.

B. Daou

30 novembre 2007.