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« Ils n’ont rien de musulmans»: un jihadiste nigérien quitte le Mujao au nord du Mali

Certains gagnent le Mali pour y faire le jihad, comme le jeune Franco-malien arrêté dimanche à Sévaré. D’autres, au contraire, prennent leurs distances avec les mouvements islamistes. Ainsi, le seul Noir d’Afrique subsaharienne qui dirigeait une katiba (une brigade combattante) d’un groupe islamiste armé dans le nord du Mali, a fait défection et est rentré dans son pays d’origine, le Niger. Une information de notre correspondant à Bamako.

jpg_une-1132.jpg« Bilal Hicham » est son nom de guerre. Il ne le porte plus. Il a déserté sa katiba basée dans la localité de Gao. C’est un déçu des islamistes. « Ils n’ont rien de musulmans. Ils tuent, violent et volent», martèle-t-il. Selon lui, quelques dizaines de combattants de son unité ont également déserté.

C’est, en terme d’image, un coup dur pour le Mujao, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest qui contrôle la région de Gao. Bilal Hicham, nigérien de nationalité était le seul Africain sub-saharien à diriger une katiba à Gao.

Nous l’avions rencontré à Gao, il y a quelques mois lors d’un reportage. Il était déjà mélancolique. Sa famille et son pays, le Niger, lui manquaient. Il s’était rendu aussi compte qu’il n’était pas dans son monde. Il a voulu, dans un premier temps, déserter par le sud du Mali, avant finalement de prendre le chemin du Niger.

Aujourd’hui de retour à Niamey, cet agronome de formation, est une mine d’informations. L’histoire des jihadistes, leur capacité militaire, ou encore leur moral, Bilal Hicham sait beaucoup de choses.

La situation humanitaire dans le Nord se dégrade

La situation humanitaire des populations s’aggrave chaque jour. Le Comité International de la Croix rouge dénonce une situation tragique pour près de 500.000 personnes et s’inquiète du «coût humanitaire» d’une intervention armée.

Germain Mwéhu: «La situation est tragique au nord du Mali et malheureusement loin de s’améliorer»

CICR à Niamey

… nous avons environ 500 000 personnes qui vivent dans une situation de vulnérabilité très avancée… en ce qui concerne une intervention militaire, le CICR veut attirer l’attention de toutes les parties sur le fait que toute intervention militaire a un coup humanitaire et que des décisions doivent être prises pour épargner les populations civiles…

RFI, le 9 Novembre 2012


Mali: le porte-parole d’Ansar Dine opposé à combattre d’autres musulmans

ALGER (AFP) – (AFP) – Le porte-parole d’Ansar Dine, un des trois groupes armés qui occupent le nord du Mali, a jugé contraire à l’éthique de son mouvement le combat contre d’autres musulmans comme les membres d’Aqmi, dans un entretien au supplément week-end d’un quotidien algérien paru vendredi.jpg_une-1131.jpg

« Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique) est composé de musulmans, comme nous. Nous demander de combattre d’autres musulmans, cela n’est pas dans notre éthique », a déclaré Mohamed Ag Aharib à Al-Watan week-end.

Les préparatifs en vue d’une intervention militaire dans le nord du Mali s’accélèrent, les chefs d’Etat ouest-africains devant se réunir dimanche à Abuja pour en approuver les modalités, qui seront transmises la semaine prochaine à l’ONU pour un feu vert définitif.

M. Aharib, dont le mouvement est essentiellement composé de Touareg, voit en cette éventuelle intervention un plan « d’une coalition internationale contre les populations arabes et touareg du Nord Mali ».

Il estime « que l’on ne peut s’en prendre à Aqmi ou au Mujao (les deux autres mouvements qui occupent le nord du Mali) sans toucher aux populations: comment feront-ils pour distinguer un terroriste d’un simple citoyen? ».

Il affirme qu’agir de la sorte reviendrait « à exterminer un peuple ».

De récentes négociations à Ouagadougou et Alger, qui défend une solution politique à la crise, ont débouché mardi sur des déclarations d’Ansar Dine en faveur d’un dialogue national et contre le terrorisme, une position qui affiche une prise de distance par rapport à Aqmi et au Mujao.

Paris et les Occidentaux doutent cependant de la bonne foi du groupe.

« Cette nouvelle déclaration, nous l’avons faite à la demande des médiateurs algériens et burkinabés (…) nous voulons convaincre l’opinion internationale que nous sommes fréquentables », a souligné Mohamed Ag Aharib.

Le porte-parole d’Ansar Dine qui se présente comme une organisation islamique ayant des revendications datant de plusieurs décennies, a estimé en outre que l’Etat malien aurait pu combattre Aqmi du temps où il était puissant puis qu' »ils (Aqmi) occupent le nord du pays (…) depuis plus de 10 ans ». amb/vl

© AFP – Le 09/11/12 – 11:21