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À Douala, les habitants du cœur historique de la ville ne décolèrent pas. Et pour cause, la plupart d’entre eux ont célébré la fête de Noël sans énergie électrique. Cette situation, qui dure depuis le 23 décembre, résulte d’une panne survenue sur une portion des câbles souterrains de la ligne Logababa-Koumassi, a annoncé la compagnie d’électricité Eneo. Selon un cadre d’Eneo, un enfant serait à l’origine de l’incident : en creusant des trous dans le sol pour installer les buts d’un avant un match de football, il aurait rencontré un câble d’alimentation de la compagnie électrique. Les habitants n’en savent pas plus. « Nous avons juste entendu un grand bruit, et ensuite il n’y avait plus de courant », raconte un riverain. Générateurs à plein régime. Pas moins de 15 secteurs sont concernés par cette panne qui paralyse les activités dans la ville. Bonanjo, le quartier administratif et Akwa, celui des affaires n’ont pas été épargnés. Ainsi, le port autonome, les banques, le siège des Brasseries du Cameroun et d’autres entreprises d’envergure ont du recourir à d’autres moyens d’approvisionnement en électricité. Au siège de MTN, les générateurs tournent à plein régime. « Nous ne pouvons pas nous passer de courant. Nous avons des équipements lourds, un data-center… Il est clair que lorsque la coupure dure plusieurs jours comme c’est le cas, nous en sommes financièrement très affectés », confie un cadre. De leur côté, certaines administrations publiques, purement et simplement privées de courant, tournent au ralenti. Facture de gasoil. Chez les petits commerçants, la situation devient critique. « Cette coupure me coûte 30 000 francs CFA (46 euros) de gazoil chaque jour », affirme Jackson Towa, tenancier d’un snack-bar à Akwa. Mais à cause de l’obscurité du quartier, les consommateurs préfèrent se rendre ailleurs. Cette période de fête est pourtant celle pendant laquelle nous vendons le plus », ajoute-il. « Nous devons répercuter le coût du gasoil sur le prix de nos produits, et cela fait fuir les clients. Nous sommes perdants dans tous les cas », renchérit Etienne Mbakop, un vendeur de produits de beauté au marché central, le plus grand de la capitale économique du Cameroun, « Tous nos achats pour les fêtes se gâtent sous nos yeux et nous ne pouvons rien faire. Ça fait trois jours que ça dure, c’est inconcevable », tempête de son côté Mahamadou, un père de famille qui réside à New-Bell, un des secteurs les plus populaires de la ville. JEUNEAFRIQUE