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Les restes d’un corps humain méticuleusement charcuté ont été retrouvés en deux endroits distincts. Une enquête a été ouverte
Morbides, tragiques, comiques ou cocasses, les faits divers que nous proposons dans ces colonnes se succèdent, mais ne se ressemblent guère.

jpg_conc21_concours_remington.jpgCelui que nous vous livrons aujourd’hui présente la particularité d’être l’un des plus cruels peut être jamais enregistré dans un commissariat de police du District.


La victime a été tuée probablement dans la nuit du jeudi à vendredi dernier. Les populations se perdaient hier encore en conjectures pour expliquer les mobiles de ce crime monstrueux
 Certains penchaient pour une querelle de cœur, d’autres pour un deal tragiquement négocié. Peut être que le mobile se trouverait tout ailleurs.

Toujours est-il que l’alerte a été donnée samedi dernier par un élu de la commune V qui, en provenance du quartier périphérique de Gaouna, constata un rassemblement suspect sur une place publique à l’orée du quartier.

La foule était compacte et la plupart des curieux se bouchaient le nez à l’aide d’un mouchoir. D’autres arrivaient en courant, se faufilaient entre les curieux pour voir l’objet de la curiosité, avant de retourner sur leurs pas aussitôt



L’élu lui aussi s’approcha.
Un passant tenta de le dissuader. Il s’excusa poliment auprès de ce dernier et s’approcha de l’attroupement. Il fendit la foule pour mieux voir l’objet de toutes les curiosités. Aussitôt il fut saisi par un haut-le-cœur.

Dans des emballages plastiques bleus, étaient emballés les restes d’un corps humain méticuleusement charcutés. La dépouille était dans un état de putréfaction avancé. Les chiens qui avaient été à l’origine de la découverte rôdaient toujours autour, attendant sûrement que se dispersent les curieux pour revenir à leur festin
L’élu, décrocha son téléphone et appela le commissariat de police du 11e arrondissement pour l’informer de sa découverte macabre.

Une équipe constituée des éléments de la brigade de recherche et de renseignements (BR) se rendit immédiatement sur place, procéda à un constat et transféra la dépouille à la morgue du centre hospitalier universitaire (CHU) Gabriel Touré de Bamako où ils furent conservés dans l’éventualité d’une reconstitution complète de la dépouille. Les policiers ouvrirent une enquête pour reconstituer le corps et identifier la victime. 
Vingt quatre heures plus tard, un citoyen de Kalabancoura ACI se transporta au même commissariat de police.

L’air hébété, il demanda à voir un gradé. Il se disait en possession d’informations faisant état de la découverte dans son chantier de restes humains. Cette autre dépouille était constituée du tronc d’une personne soigneusement éviscérée. Les jambes les pieds, le cou et la tête manquaient.


Le spectacle
, selon lui, était insoutenable. Les policiers de la BR conduits par l’inspecteur Achérif Ag Akly furent une nouvelle fois envoyés sur le terrain. Les plus sensibles parmi eux ne purent accéder au corps à cause de l’odeur pestilentielle qui s’y dégageait, mais aussi et surtout de l’insupportable spectacle qui s’offrait à eux.

« On avait l’impression que le corps avait été mis au four pendant des heures avant d’être jeté là », raconte Ag Akly. « Je suis de la promotion 70 et je n’ai jamais vu une telle barbarie. C’est simplement inhumain
 Même dans les films d’horreur, on voit rarement une mise en scène aussi cruelle», renchérit le commissaire adjoint du 11e arrondissement le principal Oumar Coulibaly.

« Tout ce que l’on vous dira et que vous-même n’avez pas vu de vos propres yeux est peu », ajoutera un adjudant chef en service au commissariat. 



Après le constat,
les policiers appelèrent le service de la protection civile qui eut toutes les peines du monde à extraire le corps de la barrique où il avait été placé. Les habitants du quartier venus en grand nombre ont passivement assisté à la récupération de la dépouille par les agents de la protection civile. Aux environ de 20 heures le corps a été acheminé à la morgue de l’hôpital Gabriel Touré.

Où, les praticiens, morceau par morceau, ont fini par remettre en place les 15 pièces du puzzle. Leurs conclusions sont sans équivoques. La victime est un homme de race blanche. Cette conclusion se fonde sur quelques épis retrouvés sur le crâne de la victime.


Il aurait été mutilé vivant puis tué et dépecé en une quinzaine de morceaux


Qui aurait pu commettre ce crime cela et pour quel motif ? C’est la question à laquelle les hommes du commissaire divisionnaire Djigui Konaré tenteront de répondre dans les jours, les semaines, les mois à venir. Ils ont ouvert une enquête et ont fait diffuser à travers les radios nationales et privées de Bamako des communiqués invitant toute personne dont un proche ou une connaissance aurait disparu à se rendre au commissariat de police du 11è arrondissement pour faire une déposition. Ils garantissent l’anonymat


La population a aussi été invitée à apporter son aide pour trouver le ou les coupables d’une telle atrocité. Au passage de notre équipe lundi et hier, personne ne s’était encore manifesté. Mais les agents du commissariat espèrent qu’avec la publication sous votre rubrique de cette affaire qui dépasse tout entendement, la famille du disparu sera informée et se présentera pour les aider à démasquer le ou les cyniques assassins


G. A. DICKO

Essor du 13 Mai