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Le gouvernement tunisien a accusé mardi le mouvement jihadiste Ansar Ashariaa, longtemps toléré, de liens avec Al-Qaïda et d’être responsable des actes de « terrorisme » qui déstabilisent le pays depuis la révolution de janvier 2011, notamment les assassinats d’opposants. L’assassinat en février de Chokri Belaïd avait entraîné la chute d’un premier gouvernement dirigé par Ennahda. Celui de Mohamed Brahmi le 25 juillet a aussi provoqué une profonde crise politique toujours en cours, l’opposition réclamant la mise en place sans délai d’un cabinet apolitique ce que les islamistes refusent pour éviter un vide institutionnel, le pays n’ayant ni Constitution ni loi électorale. Une large partie de l’opposition et de la société civile tunisienne réclamait depuis des mois le démantèlement de ce groupe dirigé par Abou Iyadh, un vétéran d’Al-Qaïda en Afghanistan accusé d’avoir organisé l’attaque en septembre 2012 de l’ambassade des Etats-Unis à Tunis.La loi antiterroriste adoptée en 2003 sous le régime de Ben Ali est toujours en vigueur bien qu’elle soit décriée en raison des atteintes aux droits de l’Homme qu’elle permet, selon les ONG. Abou Iyadh, contre qui a un mandat d’arrêt international a été émis selon M. Larayedh, avait cependant menacé le gouvernement de « guerre » en mai dernier à la suite de l’interdiction du congrès annuel du mouvement. Aqmi a pour sa part publié plusieurs communiqués de soutien à cette organisation. En fuite depuis septembre 2012 et l’attaque de l’ambassade américaine, Abou Iyadh, de son vrai nom Saif Allah Bin Hussein, a été emprisonné de 2003 à 2011 en Tunisie. AFP.