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Une simple dispute à la circulation, un sergent de police a failli se faire buter par un sous-officier du Géni militaire qui se faisait passé pour un garde du corps du capitaine Amadou Konaré.

L’incident opposant les deux porteurs d’uniforme s’est produit très tôt dans la matinée du mercredi 23 octobre dernier au carrefour des 1008 logements sociaux de Yirimadjo (ATT bougou). L’homme, à l’origine de des événements, répond au nom de Seydou Berthé, sergent du génie militaire. Selon lui-même, que nous avons rencontré dans la cour du 13ème arrondissement, appartient à la garde rapprochée du capitaine Amadou Konaré, le numéro 2 de l’ex junte de Kati, actuellement en détention au Camp I de la gendarmerie suite aux affrontements du 30 septembre, qui a eu lieu au camp Soundiata de Kati.

Pour cause ce mercredi matin le sergent Seydou roulait dans un état d’ébriété. C’est ainsi que dans sa course de folie l’homme entre en collision avec Siaka Togola un sergent de la police, au carrefour des 1008 logements d’ATTbougou. Etonné par le comportement de son alter égo, dont il ignorait l’identité, Siaka Togola, lui dit tout gentiment « ne peux-tu pas rouler doucement ce matin de bonheur ? ».

Propos que le présumé garde du corps du Cpt Konaré, le sergent Seydou Berthé prend comme une insulte à son égard. Tous les deux agents de sécurité étaient habillés en tenue. Au lieu de se présenter et demander pardon à sa victime, le sgt Berthé descend de sa moto, prend le sergent de police a la gorge et se met à l’insulter. Il fallu l’intervention d’un autre agent de sécurité, qui appartient au corps de la protection civile, un certain Dembélé de passage, que le militaire desserre l’étau autour du cou de sa victime. Lorsqu’il réussi à se défaire de son agresseur, le policier décida d’informer le commissariat du 13ème arrondissement.

Ce qui provoqua l’ire du soldat étrangleur. Celui-ci se saisit de son arme individuelle, un Bereta 92 F S, qu’il portait sur lui pour le pointer sur le policier en proférant des propos violant du genre « Tu quittes devant moi où je te bute ». S’était-il une simple intimidation ? Lui seul peut s’expliquer sur ses vraies intentions.

En tous les cas, le policier qui ignorait jusque là qu’il était un porteur a fortiori porter par devers soi une arme refuse d’obtempérer. Et comme par miracle, il réussit à le désarmer avant qu’il n’ouvre le feu. C’est après avoir été neutralisé que l’agresseur se présente comme un sous-officier du Géni militaire. Mais, c’était trop tard le mal est fait. Le policier informe ses collègues du 13ème arrondissement, qui ont vite débarqué sur les lieux pour mettre l’élément solitaire en état d’arrestation.

Après écouté les deux agents, nous avons approché le commissaire adjoint du 13ème arrondissement, Siriman dit Ba Tangara, pour besoin de recoupement. Mais, celui-ci n’a pas été coopératif. Nous avions compris, que ne s’attendant pas à notre présence, il était visiblement très mal à l’aise, suite à notre question relative au film des événements et la conduite à tenir par le Commissariat. Siriman Tangara répondit : « ce n’est pas un incident, mais plutôt un mal entendu, car le policier ne savait pas que l’autre était un militaire ». Avant d’ajouter qu’il ne peut pas nous en dire davantage en ces termes « nous sommes des militaires nous avons notre presse à part et je ne peux pas vous raconter les faits ».

A le voire, on se doutait s’il ne ressentait un quelconque poids qui pesait sur ses épaules. Selon la victime, un colonel qui dit être le père du nommé sergent Seydou Berthé, a intervenu auprès de lui au commissariat clamant sa compréhension. Requête à laquelle il n’a pas été favorable. En réaction il répond à l’intervenant (le colonel) : «l’affaire est entre les mains de mes supérieurs et je n’y peux rien».

Au moment où nous quittions le commissariat du 13ème arrondissement le présuemé garde du corps du cpt Konaré a été remis à la police militaire. Quant à l’arme avec laquelle, il failli commettre le crime a été envoyée à la direction régionale de la police. Pour rappel, des témoins racontaient que le sergent Seydou serait complice d’une agression perpétrée contre une équipe de patrouille du même 13ème arrondissement. L’événement s’est produit en 2012, au niveau de l’Hôtel Faso. Affaire à suivre.

Lassine NIANGALY

29 Octobre 2013