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Malgré le respect de la voie hiérarchique, une lettre de sollicitation de bourse et de meilleures conditions de vie et de travail d’un professeur de mathématiques de la Fast, handicapé moteur, adressée au chef de l’Etat le 6 juin 2006 demeure sans suite plus d’un an après son dépôt. Face à ce qu’il considère comme une distraction de courrier adressé au premier magistrat du pays, M. Aboubacrine Assadeck reprend, ci-dessous, sa requête en lettre ouverte.

« A Son Excellence Monsieur le président de la République du Mali

Excellence,

J’ai l’honneur de solliciter de votre très haute bienveillance, une aide pour me permettre de mieux servir le Mali à travers mes prestations pédagogiques à la Faculté des sciences et techniques de l’Université de Bamako.

En effet, malgré ma mobilité réduite due à la poliomyélite, j’ai été orienté après le baccalauréat à l’Ecole normale supérieure, bien que figurant sur la liste d’admission parmi les deux meilleurs bacheliers à la session de juin 1983 avec la mention bien (une note de 20 sur 20 à l’épreuve de composition de mathématiques), information que vous pouvez vérifier en consultant les archives.

De la même manière, j’ai achevé mon cycle de l’Ecole normale supérieure de Bamako avec la mention bien (moyenne de 15,87 sur 20).

Après un service de 2 ans à l’Institut pédagogique national, sur demande du chef de DER mathématiques de l’EN Sup, j’ai été nommé assistant au dit DER à partir d’octobre 1989.

Sur initiative personnelle, j’ai interrompu mes activités pour me former au Bénin en physique mathématique où j’obtins mon DEA en 1991.

Croyant à la Révolution du 26 mars 1991, après un conflit avec le directeur de l’Institut de mathématiques et science physique de Porto-Novo (Bénin) qui voulait m’imposer comme sujet de thèse de doctorat la relativité générale, je suis rentré précipitamment au Mali pour reprendre service à l’EN Sup en 1992.

Depuis lors, chaque année j’ai eu à adresser une demande de bourse pour poursuivre mes études, qui est restée sans suite.

_En 1999 un de nos compatriotes, le Pr. Daouda Sangaré de l’Université d’Abobo-Adjamé d’Abidjan a accepté de m’encadrer sur place à l’Université de Bamako avec le financement Tokten.

En octobre 2003, ce dernier m’a invité dans son laboratoire pour faire des recherches. A cet effet, j’ai adressé une demande de bourse de six mois au ministre de l’Education nationale pour aller à l’Université Abobo Adjamé.

Cette demande n’a pas eu de suite favorable. Il est à noter que le ministre lorsqu’il était dans l’opposition au régime Alpha Oumar Konaré m’encourageait à lutter pour améliorer mes conditions de travail.

Pour votre information, j’avais adressé une demande restée sans suite aux deux premiers programmes de logements sociaux sous le président Alpha Oumar Konaré et vous.

Je serais reconnaissant à l’administration de l’Université de Bamako si des passages pour fauteuil roulant sont aménagés pour les handicapés moteurs.

L’aide que je vous demande, Excellence Monsieur le président de la République du Mali, consistera à me doter de deux fauteuils roulants, d’une voiture spécialisée pour handicapé physique, d’un ordinateur portable avec ses accessoires (imprimantes, vidéo-projecteurs), d’une prime annuelle qui me permettra de séjourner une fois par an dans un laboratoire et d’un logement.

Dans l’espoir d’une suite favorable, veuillez agréer Monsieur le président de La République l’expression de mes sentiments déférents ».

Bamako, le 6 juin 2006

Aboubacrine Assadeck

(professeur de maths à la Fast)

24 octobre 2007.