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Il est attendu une croissance de 5,4 justifiée par l’accroissement attendu des recettes du budget général (5,30 %), des budgets annexes et des comptes et fonds spéciaux.

La production agricole pourrait augmen­ter de 5,3 %, l’or de 6,2 % si on tient comp­te de la hausse du prix de vente. Les res­sources prévues au budget général 2007 vont ressentir cette augmentation de 5,30 % grâce à une évolution favorable des ces­sions de sol et sous-sol, des cessions de biens meubles, des recettes fiscales et non fiscales.

Pourtant, à l’analyse, on se rend compte que le budget national 2007, manque d’am­bition, malgré des chiffres assez optimistes. En effet, en 2006, les principaux indicateurs se sont bien comportés, même si l’inflation a failli sortir des proportions maîtrisables. Des tensions inflationnistes induites par le niveau élevé du coût de l’énergie ont plom­bé l’activité économique au plan national.

Ainsi en 2005, la croissance mondiale a enregistré un léger recul (4,8 % contre 5,3 en 2004). En 2005, nous avons même enre­gistré une forte croissance, notamment grâce à la bonne saison pluviométrique, qui a boosté les récoltes céréalières, et grâce aussi à une reprise de la production aurifère et aux prix pratiqués sur le marché interna­tional. Du coup, le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) réel de 6,1 % a été enregistré alors que l’objectif visé était de 5,4 %.

Le secteur secondaire a connu une croissance de 8,1 % en 2005 contre 2,7 % en 2004. La production d’or est passée de 40,6 tonnes en 2004 à 51 tonnes en 2005.

Et il est attendu 60 tonnes pour 2007, selon les propos mêmes du chef de l’Etat lors de son adresse à la nation.

Par contre, le secteur tertiaire s’est très mal comporté. Sur les exercices passés, il a connu un taux d’inflation de 6,4 % en 2005 contre -3,1 % en 2004. Ainsi, les recettes totales ont connu une hausse de 11,4 % pour s’établir à 17,5 % du PIB en 2005 contre 17,3 % en 2004.

Le commerce extérieur semble certaine­ment être l’un des secteurs à pouvoir tirer les marrons du feu. Nous sommes passés d’une balance déficitaire de 64,1 milliards F CFA en 2004 à un excédent global de 57,2 milliards F CFA en 2005.

Au plan régional, le Mali a respecté les critères de convergence de l’Union écono­mique et monétaire ouest-africaine (Uémoa), pour ce qui concerne en tout cas les agrégats monétaires.

La première phase du CSLP (Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté) est devenue une réalité, avec cependant des résultats qui ne devraient pas trop réjouir : en effet, le nombre de fils d’Adam maliens pauvres qui était de 64 % en 2001 s’est éta­bli à 59 % en 2005. En clair, cela veut dire que sur les 11 millions que nous sommes, grâce au CSLP, seuls quelque 6 490 000 sont pauvres. Le reste, les 4 millions et demi, sont des veinards.

Alexis Kalambry

16 janv 07