Partager

Renversé cruellement par un chauffard de SOTRAMA, le vieux Bonipé Coulibaly a été doublement victime d’un accident qui a entraîné sa retraite anticipé, car après le jugement rendu le 21 septembre 1990 et ayant ordonné le versement, à son compte, de dommages et intérêts, son avocat, Me Issa Coulibaly, a tout simplement disparu de la circulation. A ce jour, ses confrères que nous avons contactés n’ont aucune information le concernant. Et les démarches entreprises par le vieux auprès de Me Hamidou Diabaté et d’IBK (respectivement ministre de la justice et Premier ministre d’alors) ne lui auront pas permis de rentrer dans ses droits.

Au sein du Barreau malien, il y a des avocats qui n’hésitent pas à fouler aux pieds et la morale et l’éthique de leur profession. Me Issa Coulibaly en serait-il un ? Tout porte à le croire, car les témoins du procès du 21 septembre 1990 restent stupéfaits après son forfait perpétré contre un vieux sans défense de 73 ans.

Un matin de l’année 1990, un chauffeur « fou » de SOTRAMA renversa brutalement un vieil entrepreneur répondant au nom de Bonipé Coulibaly, alors qu’il se rendait à son lieu de travail. Grièvement blessé, il s’en sortira, mais avec quatre fractures au bras, un pied et des dents cassés.

La gravité de ses blessures ne lui permettra pas de veiller à la conduite de se trois chantiers dont il avait obtenu le marché d’exécution. La retraite anticipée et forcée devient alors obligatoire pour le vieil homme pourtant dévoué au travail. L’affaire est donc portée devant les tribunaux.

A l’issue du jugement du 21 septembre 1990, le vieux Bonipé Coulibaly obtint gain de cause. Le chauffeur de SOTRAMA, à travers son assureur (assurance « Sabu Nyuma », sera condamné au paiement de 3,5 millions de francs CFA au compte de la victime, en guise de dommages et intérêts. Malheureusement, Bonipé Coulibaly, disparaîtra plus tard dans la nature avec tout l’argent.

Depuis lors, impossible, pour le vieux Coulibaly, d’obtenir la moindre information concernant l’indélicat avocat, en dépit de ses aller et venues entre son domicile conjugal et son cabinet, en passant par ses confrères.

Dépité et désabusé par cette situation, le vieil entrepreneur décide alors de saisir les autorités compétentes. C’est ainsi qu’il rencontrera successivement le ministre de la justice (en son temps Me Hamidou Diabaté), le Premier ministre d’alors, Ibrahim Boubacar Keïta, et finalement le procureur général de la Cour d’Appel de Bamako. Malgré tout cela, le vieux Bonipé Coulibaly n’aura reçu…que des promesses tenues, sans pour autant être remis dans ses droits. C’est dire vingt ans après son accident, la victime court toujours après son dû.

Pire, les nombreuses blessures subies par le vieux Coulibaly lui ont exigé, chez son médecin traitant, la prescription d’une piqûre dont le montant est de 10 000 francs CFA chaque mois. N’ayant plus la force de travailler, compte tenu de son âge très avancé, le vieux Bonipé Coulibaly se confie aujourd’hui aux personnes de bonne volonté. Au moment où nous l’avons rencontré, il nous a expliqué que le parti SADI, à travers son député Oumar Mariko, s’est engagé à prendre en charge son traitement médical.

Quant à l’avocat fuyard, Me Issa Coulibaly, aucune piste ne nous a encore permis d’entrer en contact avec lui. Le cabinet où il travaillait a changé d’adresse, et ses confrères du Barreau que nous avons contactés affirment n’être en possession de la moindre information e concernant. Alors questions : Où Me Issa Coulibaly peut-il se trouver en ce moment ?Aurait-il disparu à cause des 3,5 millions du vieux Bonipé ? A-t-il commis d’autres gaffes qu’il ne pourra pas assumer ? Figurerait-il parmi les avocats indélicats récemment renvoyés du Barreau malien ?

Joint dans la matinée d’hier par nos soins, le bâtonnier de l’ordre des avocats du Mali, Me Seydou Ibrahim Maïga, a expliqué qu’il ne peut nous aider. « Je ne suis pas secrétaire ; je suis le bâtonnier. Je ne peux faire quelque chose pour vous », nous a-t-il sèchement répondu. Comme si dans l’affaire Me Issa Coulibaly, on cache un grand malaise. Affaire à suivre donc…

Issa Fakaba Sissoko

L’Indicateur du Renouveau du 07 Juillet 2010.