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Les menaces et intimidations du pouvoir continuent contre la presse, au moment où le président Amadou Toumani Touré s’apprête à fêter l’anniversaire de sa ré investiture pour un second mandat.

Il y a quelques jours, c’est le Directeur de publication du journal « Le Hoggar », Ousmane Koné qui recevait des menaces et intimidations de la part de la Sécurité d’Etat.

Hier aux environs de 16H 30, c’est notre Directeur de Publication Birama Fall qui était « enlevé » par la gendarmerie du Camp I, pour être relaxé après trois heures d’interrogatoire. Le pouvoir n’a donc pas révisé son attitude vis-à-vis de la presse. Chassez le naturel, il revient toujours au galop !

Hier, mardi 3 juin 2008, Le Républicain fut une fois de plus l’objet d’une intimidation. Notre directeur de publication, Birama Fall, a été enlevé par des éléments de la Brigade d’investigation judiciaire du Camp I de la gendarmerie sis à Darsalam.

C’est en effet dans l’après midi que deux agents de la brigade ont fait irruption dans les locaux du journal sur ordre de leurs supérieurs.

Au nez et à la barbe du rédacteur en chef adjoint qui n’en croyait pas ses yeux, ils ont insisté pour que le directeur de publication les suive jusqu’au camp I où il l’ont conduit. Mais Birama Fall ne s’opposa pas outre mesure à cette méthode intimidante, puisqu’il a gentiment accepté d’être embarqué par les agents comme pour dire : “pardonnez les, ils ne savent pas ce qu’ils font”.

Pendant trois heures, il fut l’objet d’un interrogatoire lassant. En réalité, le motif pour lequel notre directeur de publication a été conduit manu militari à la gendarmerie a trait à un article paru il y a une semaine (Républicain N° 2633 du mercredi 28 mai. L’article était intitulé « Village de Bandougou dans le cercle de Kati : un “ami” du général Kafougouna sème la terreur ».

L’histoire des agissements d’un monsieur se faisant passer pour un ami du ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales pour s’approprier des parcelles, des biens fonciers du village.

C’était pour avoir le témoignage de l’auteur de l’article sur cette affaire, notre directeur de publication en personne, que les gendarmes étaient dans nos murs, comme s’ils étaient aux trousses d’un vulgaire malfrat.

Une méthode digne d’une autre époque. S’adressant au Colonel qui l’a interrogé, il a expliqué qu’une convocation aurait suffi pour qu’il se rende à la gendarmerie. Et l’agent de lui répondre : « Nous n’avions pas votre numéro de téléphone ».

L’affaire a suscité une mobilisation générale et spontanée de l’ensemble des journalistes de la presse nationale et internationale que nous saluons confraternellement.

Mais en fin de compte, l’escroc qui s’est fait passer pour un ami du Général Kafougouna Koné a été mis aux arrêts. L’article aura quand même servi à quelque chose. Ce qui est par contre regrettable et arbitraire, c’est la manière par laquelle notre directeur de publication a été invité en vue d’un témoignage.

Notre confrère a pu regagner sa famille en compagnie de plusieurs amis venus lui témoigner leur amitié. Quelle était l’intention des gendarmes ? Nul ne le sait réellement, mais la question préoccupait les responsables des associations de journalistes qui avaient déjà fait le plein de la mobilisation devant la brigade d’investigation judiciaire.

La manière par laquelle notre confrère a été entendu rappelle fortement celle qui a conduit à l’arrestation de 5 journalistes en juin 2007 dont notre directeur de publication.


Soumaila T. Diarra

04 Juin 2008