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Le crime a surpris toute la ville de Kita. La victime était connue pour être un homme paisible et on ne lui connaissait pas d’adversaire déclaré, à plus forte raison d’ennemi enragé au point de s’en prendre à sa vie. Mais les chemins de l’existence sont impénétrables et ils ont mené à une destination tragique Oumar Diallo, 31 ans, adjoint au trésor en service à Kita. L’homme a été victime d’un meurtre crapuleux chez lui le 3 avril dernier.

Affecté dans l’ancienne capitale de l’arachide depuis 2006 et mis à la disposition de la perception de Kita où il occupait le poste d’adjoint du trésor, Oumar Diallo jusqu’à sa mort servait en qualité de comptable. C’est dans la matinée du 3 avril que son corps a été retrouvé sans vie dans sa chambre au quartier Kassilabougou.

Alerté, le commissaire divisionnaire Bougadari Touré en charge du commissariat de Kita a dépêché sur les lieux du crime une équipe pour constater les faits. Les enquêteurs ont découvert jeté dans un coin un gourdin qui aurait été utilisé pour mettre fin aux jours de Diallo.

Le rapport médical dressé par les autorités sanitaires indique une embarrure des os du crâne avec écoulement du sang par les narines et les oreilles. En langage clair, cela signifiait que la victime avait reçu sur la tête un ou plusieurs coups extrêmement violents portés avec un objet contondant. En outre, le geste avait été de toute évidence effectué avec l’intention de donner la mort.

L’auteur du meurtre sera identifié assez rapidement par les limiers de Kita. C’est un certain Mohamed Haïdara, contractuel de l’enseignement et familier de la victime. Le futur assassin avait d’ailleurs rendu visite assez tôt dans la soirée à Oumar Diallo. Il avait longuement bavardé avec le comptable, puis avait quitté les lieux. Mais ce fut pour revenir un peu plus tard.

Mohamed Haïdara avait alors trouvé Diallo endormi dans un fauteuil. Le comptable avait suivi à la télévision un match de football, puis avait dû s’assoupir sans s’en rendre compte. L’assassin avait visiblement prémédité son coup, au point de ne pas amener d’arme avec lui. En effet, le gourdin dont il se servit pour porter deux coups successifs (dont le second mortel) à sa victime appartenait à Diallo lui-même. Haïdara avait probablement repéré cet objet lors de l’une de ses fréquentes visites.

Une fois son forfait accompli, Haïdara prit le temps d’aller allonger le corps dans le lit pour certainement en retarder la découverte, puis prit la fuite avec comme butin deux téléphones portables appartenant à la victime. Il se présenta à Mandé transport où il se paya un billet en destination de Bamako. Dans la capitale, Mohamed fit le transfert des crédits contenus dans les téléphones de sa victime et vendit les deux appareils. Avec l’argent ainsi obtenu, il s’acheta une Djakarta neuve.

D’après les investigations conduites par la police, Mohamed Haïdara n’en serait pas à son premier coup. Il serait l’auteur de deux autres meurtres dont l’un commis à Bamako sur la personne d’un commerçant. Les policiers qui ont patiemment reconstitué les déplacements de l’assassin ont arrêté ce dernier dans la capitale alors qu’il prenait du bon temps autour d’une théière en compagnie galante.

A. KONATÉ

AMAP – Kita

L’Essor du 17 avril 2008.