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Camarades de l’Adéma, du Parena, du RPM et l’URD vos devoirs envers la patrie et ceux qui vous font confiance depuis toujours même les désabusés, vous imposent à constituer la locomotive du train Mali dans l’intérêt supérieur de la nation.

Oui, j’appelle à une alliance des démocrates reconstructeurs, porteurs d’espoirs afin d’anéantir les cristallisations des peurs de nos concitoyens que sont la cherté de la vie et l’insécurité.

J’en appelle à un débat de fond avec comme seul objectif sortir le Mali de cette impasse avec une coalition gouvernementale. Votre diversité fait partie de notre identité politique en évitant un état de guerre latent de tous contre tous en 2009 et surtout en 2012.

Il nous faut une vraie force de gouvernement soutenue par une majorité confortable à l’Assemblée nationale pour répondre aux interrogations et mettre fin à ces bricolages théoriques où les pirouettes remplacent les réponses idoines aux problèmes. Ce n’est pas un drame, mais une évidence.

Il ne s’agit point d’une confusion dans la fusion de vos capacités mais d’œuvrer dans une synergie républicaine pour nous sortir de ce lendemain incertain. Dans cette œuvre républicaine aucun parti ne doit se considérer comme le « tendeur » ni la force d’appoint ou jouer la rustine de l’autre ou des autres.

Il s’agit d’une logique redistribution républicaine des pouvoirs entre le président de la République et les partis politiques, animateurs principaux de la scène politique dont d’ailleurs les représentants dans l’exécutif ne sont que potiches devant observer une stricte soumission, le silence ou prendre la porte encore que…

Camarades, vous devez faire le jeu non pas le subir en renversant les rôles. Il n’est pas question de remettre en question la légitimité du président de la République mais qu’il tienne compte de la représentativité parlementaire dont le gouvernement doit en être le reflet.

Ce gouvernement ne doit nullement dépasser 23 membres, dont les portefeuilles de la Défense, de la Justice et des Affaires étrangères pourraient être pourvus par le président de la République.

Camarades, devriez-vous continuer à être spectateurs de la politique des apparences d’un gouvernement qui ne parvient pas à s’accommoder au traitement de fond des problèmes ? Camarades, la hauteur avec laquelle le Premier ministre d’une incroyable fatuité considère la classe politique est consternante, voire révoltante.

Camarades, le visage éprouvé du Premier ministre ces temps-ci témoigne malgré sa supposée connaissance des dossiers, de ses difficultés, de son impréparation face à ce qui l’attendait et de son incapacité éclatante à mettre en mouvement l’appareil de l’Etat, moins encore la société donnant une continuité artificielle à l’action de l’Etat.

En fait, Modibo Sidibé est à la tête d’un gouvernement et ne sait rien en faire avec une nullité d’initiative Himalaya alors que la pauvreté et la précarité prennent tragiquement l’ascenseur. L’opération riz est un mur de fumée même s’il a le mérite d’exister.

Le président Thomas Jefferson dans son adresse inaugurale le 4 mai 1801 disait : « J’ai appris à prévoir qu’il arrivera rarement aux hommes imparfaits qui accèdent à cette haute fonction de la quitter avec la même réputation et la même faveur que celles qui les y ont portés… » M. le Premier ministre en sera la parfaite illustre.

Le président de la République dans un confort absolu ne voit pas son gouvernement nous amener droit au clash. La piteuse sortie des généraux pour expliquer, semble-t-il l’escalade dans l’insécurité au Nord, la fameuse tentative de justification ou plutôt de réorientation de « bè bi balo » créèrent des polémiques irrespectueuses de la vérité sur fond de perte de référence.

Camarades présidents de l’Adéma, du Parena, du RPM, de l’URD refusez la fatalité en revendiquant votre pouvoir partisan tout en affrontant avec la clairvoyance qui vous caractérise la gestion des crises que connaît notre pays par des réponses appropriées immédiates pour démentir tous ceux qui pensent parfois à juste raison que vous abandonnez le président dans ses difficultés tout en le soutenant timidement avec un laisser-faire et voir venir.

Camarades l’heure du patriote à sonner pour bouter l’immobilisme dans notre pays et créer un véritable espoir.


Oumar Sacko dit Adéma Barou

15 Mai 2008