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C’est demain que s’ouvre au Centre Islamique d’Hamdallaye, le premier congrès ordinaire de l’Union des Maliens pour le Progrès (UMP) dont le président n’est autre que le Professeur Amadou Touré, ministre des enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique. Cette double casquette du Pr. Amadou Touré, loin de faire de lui une éminente personnalité heureuse, lui pose deux sérieux problèmes à résoudre.

D’abord par rapport au congrès qui aura lieu du 16 au 17 février, il faut dire qu’une crise couve à l’UMP. D’autant que le Pr. Touré n’est pas en odeur de sainteté avec certains cadres de son parti, ces derniers l’accusant de gérer l’UMP dans le flou et l’informel.

D’autres pensent même qu’à l’étape actuelle des choses, le Président de l’UMP se serait servi de l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP) d’une façon électoraliste pour avoir les faveurs de celui que l’on nomme “le prince de Koulouba”. C’est par ce truchement qu’il aurait été nommé ministre des enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique.

De l’ADP, il se serait également servi, par le biais des missions qui lui étaient confiées, pour implanter son parti tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de notre pays. Supputations ou réalité ? Nous ne saurons clairement le dire. Mais ce qui est sûr, c’est étant maintenant ministre que le parti du Pr. Touré a trouvé la voie qui mène à son premier congrès ordinaire, alors que l’UMP était portée sur les fonts baptismaux avec l’organisation de son assemblée constitutive depuis le 25 mai 2003. En tout cas, tout porte à croire que ce congrès de l’Union des Maliens pour le Progrès s’ouvrira demain sur fond de suspicions.

Des soucis donc pour le Pr. Touré qui, un peu plus de trois après sa nomination en tant que ministre, ne souffle que du chaud avec la grave crise que traverse le supérieur. Il n’est un secret pour personne, le torchon brûle actuellement entre lui et le Syndicat national de l’enseignement supérieur (Snesup) qui menace d’ailleurs de décréter une grève illimitée à compter de 26 février prochain, le préavis étant déjà déposé.

Du côté estudiantin, le carnet n’est pas aussi rose pour le ministre Touré qui depuis un certain temps ne dort que d’un oeil, surtout quand on sait que le bureau de l’Association des Elèves et Etudiants du Mali (AEEM) vient de déposer son cahier de doléances, et que les machettes et la chasse à l’homme ont tristement remplacé cahiers et plumes à la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques (FSJP) et à la Faculté des Sciences et Techniques (FAST). Certains syndicalistes réclament même la démission pure et simple de Touré. Qu’adviendra-t-il alors?

En attendant que le ministre trouve des solutions idoines, à moins qu’elles ne relèvent d’un miracle, pour résoudre tous ces problèmes liés au secteur éducatif, il devra faire face, dans les deux jours à venir, à la vague des mécontentements qui règnent au sein de son parti. Une double équation à plusieurs inconnues à résoudre pour le professeur Touré.

Disons en somme que le président de l’UMP se trouve entre le marteau et l’enclume.

Bruno Loma

15 février 2008.