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L’Union des Forces Démocratiques (UFD) dévoilera, ce lundi 5 mars 2012, le nom de la personne qui la représentera à l’élection présidentielle d’avril prochain. Même si deux candidatures sont annoncées, il ne fait l’ombre d’aucun doute que le parti portera son choix sur son président, le Pr. Chaka Diarra.

Ceux qui ignorent le nom de l’UFD se souviennent certainement du parti à l’évocation du nom de son président fondateur, Feu Me Demba Diallo. Cet avocat était un panafricaniste convaincu. Selon ses proches, il a participé à l’élaboration de la loi fondamentale du Congo sous l’impulsion de Patrice Lumumba. Par ailleurs, il fut chef de cabinet du premier président de la Guinée-Conakry, Ahmed Sékou Touré, avant de rejoindre le Mali dans les années 1960. Me Demba Diallo a servi de catalyseur au mouvement démocratique de mars 1991 et présidé la conférence nationale ayant élaboré la constitution malienne du 25 février 1992.

jpg_investiture.jpgPremier parti créé dans la clandestinité en 1970, l’UFD a été officialisée le 21 avril 1991 après la chute du régime militaire ; avec comme principaux objectifs : l’instauration du pluralisme et le renforcement du processus démocratique, l’établissement d’un état de droit, de justice, de paix et d’équité, l’assurance d’un développement durable. «Ces objectifs, à certains niveaux, sont atteints» a apprécié le président de l’UFD. Selon lui, les partis politiques doivent jouer pleinement leur rôle dans la consolidation de la démocratie.

Son président fondateur s’est présenté à la première élection de l’ère démocratique pour recueillir un score de moins de 1 %. Mais son charisme et sa détermination pour la défense des idéaux de la démocratie sont restés inébranlables jusqu’à son décès en 2002. «L’UFD joue un rôle majeur dans la vie politique nationale» a souligné le Pr. Diarra.

Le retrait Me Demba Diallo de la direction du parti pour se consacrer à la tâche de médiateur de la République, pour laquelle il fut nommé en 1997, avait semblé conduire l’UFD dans une période d’errance et d’hibernation. Selon les responsables du parti, l’ampleur de la mobilisation à l’ouverture de la quatrième conférence nationale et du quatrième congrès du parti tenus conjointement au centre international des conférences de Bamako, ce dimanche 4 mars, témoigne de sa vitalité. Quelques quatre cents personnes y ont assistés.

Ces assises de deux jours comportent deux enjeux majeurs : le renouvellement des instances (mouvement des jeunes, celui des femmes, ainsi que le bureau exécutif national) du parti et le choix d’un porte-étendard à l’élection présidentielle du 29 avril 2012. Deux candidats seront départagés par les délégués venus de 52 sections de l’intérieur et de l’extérieur du pays : le président du parti, Chaka Diarra et la présidente du mouvement des femmes, Mme Dandara Azaratou Coulibaly. Le président du parti a salué cette volonté des femmes d’instaurer une compétition démocratique au sein du parti.

«Nous sommes un parti qui a su prôner les règles démocratiques. Dans le respect de son éthique, la candidature de Mme Dandara est l’illustration d’un sursaut politique et du courage des femmes» s’est félicité Chaka Diarra. Mais il y a moins de suspens dans cette confrontation puisque dans le milieu des femmes, on annonce la possibilité du retrait de la candidature de leur présidente pour laisser émerger un large consensus autour du président du parti.

Seydou Coulibaly

05 Mars 2012

©AFRIBONE