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Mme Bouaré Fily Sissoko, en sa qualité de présidente du conseil des ministres de l’Uémoa, a fait à Dakar, aux chefs d’Etat, le point de l’Union.

jpg_une-2258.jpg« L’Uémoa a connu en 2012, des crises sociopolitiques majeures dans deux de ses pays membres, à savoir le Mali et la Guinée-Bissau. L’impact de ces évènements montre une fois de plus l’importance de la stabilité politique, gage d’un développement social et économique durable.

Au plan économique, l’année 2012 a marqué une rupture par rapport aux faibles performances des années précédentes. En effet, le PIB de l’Union s’est accru de 6,5 % contre 0,7% en 2011. Cette accélération de la croissance est le résultat du redressement de la production agricole, de la forte reprise de l’activité économique en Côte d’Ivoire, de l’essor des productions aurifère et pétrolière ainsi que des efforts consentis en matière d’investissements publics.

Dans ce contexte, l’Union a continué l’approfondissement de son processus d’intégration. La mise en œuvre des réformes communautaires s’est également poursuivie, ainsi que l’exécution des principaux chantiers, dont le Programme économique régional et l’Initiative régionale pour l’Energie durable.

Pour consolider les résultats de la première génération du Programme économique régional, l’Union a élaboré la deuxième génération de ce programme pour la période 2012-2016. Une Table ronde des bailleurs de fonds du Programme s’est tenue en juillet 2012 à Abidjan et a enregistré des résultats satisfaisants. La phase II, qui s’inscrit dans le prolongement du cadre stratégique fixé par le précédent programme, vise à relever les défis majeurs auxquels l’Union est confrontée, à savoir l’accès à l’énergie, la sécurité alimentaire, la maîtrise de l’eau, le développement des zones défavorisées et la mise en place d’un appareil productif performant.

L’Union, dans ses nouvelles ambitions d’accélération de la croissance, fait toujours face à la problématique du financement des économies dans le contexte actuel marqué, sur le plan international, notamment par la baisse de l’aide publique au développement.

L’année 2013 est marquée par la normalisation de la situation sociopolitique au Mali, avec la reconquête de la partie nord du pays et la tenue des élections présidentielles, et en Guinée-Bissau avec des progrès réalisés dans la transition. Ces faits ont montré une fois de plus que la solidarité entre les pays de l’Union, et surtout avec l’appui de la Communauté internationale, a permis de résoudre des problèmes d’ordre politique et sécuritaire auxquels ont été confrontés certains pays de l’Union.

Cette normalisation politique au Mali et en Guinée-Bissau a permis de mettre notre Union dans de bonnes conditions pour conforter la reprise économique amorcée en 2012.

Ainsi, au plan économique, les premiers chiffres de l’année 2013 confirment les prévisions annoncées. La reprise entamée au sein de l’Union en 2012 se poursuit en 2013 avec une nouvelle estimation du taux de croissance de l’Union à 6,4 %. La croissance serait portée principalement par la hausse de la production agricole, l’essor des activités extractives, ainsi que l’accroissement des investissements dans les infrastructures de base.

La consolidation des acquis et l’amélioration du bien-être économique et social des populations, requièrent le renforcement de la paix et de la sécurité. A cet effet, un accent particulier sera porté sur le chantier Paix et Sécurité, dont les premières actions sont déjà mises en œuvre au cours de cette année, en vue de doter notre Union de mécanismes de prévention, de gestion et de règlement des conflits.

Enfin, d’autres défis importants sont à relever, à savoir la pérennisation des taux de croissance élevés, le financement des économies, l’assainissement des finances publiques, et la poursuite de l’approfondissement des marchés monétaire et financier ».

Alexis Kalambry

(envoyé spécial)

Les Echos du 29 Octobre 2013