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L’Union des associations et des coordinations pour le développement et la défense des droits des démunis (UACDDDD) a déploré l’injustice et l’incompétence de l’Etat en matière foncière au Mali. Elle prévoit de marcher dans les jours à venir pour dénoncer des faits.

L’UACDDDD était dimanche dernier face à la presse pour dénoncer de nouvelles injustices dans la gestion foncière de l’Etat. Il s’agissait du déguerpissement des vendeurs de banane de Faladié, la démolition de cinq concessions en vue de l’agrandissement d’une mosquée et le conflit autour du titre foncier 42-04 de Kabala.
Ces affaires, qui sont perçues par l’Union comme des violations de droits des démunis, montrent la faiblesse ou la complicité de l’Etat dans les conflits fonciers.  Pour dénoncer cet état de fait, l’UACDDDD prévoit une marche pacifique.   
La démolition du marché de banane à Faladié, selon les victimes, est un coup orchestré par le maire du district, Adama Sangaré. A en croire les victimes, à la vente du premier marché qu’ils occupaient, ils ont été autorisés à s’installer sur une partie de la zone aéroportuaire avec l’aval des propriétaires des champs.

Le lieu, envahi par les ordures et les déchets, a été aménagé à plus de 5 millions de F CFA par les vendeurs de banane. Compte tenu de l’investissement et du fait que c’est leur lieu de subsistance, l’UACDDDD trouve que les déguerpis devaient être prévenus au préalable afin de trouver une solution à leur recasement.
« Sans aucun avertissement, ils sont venus tout détruire et mis le feu à nos marchandises. Je crois qu’en tant que Maliens, nous devrions être informés avant afin, qu’ensemble, on trouve une solution à cette situation. Tel n’a pas été le cas », a regretté Idrissa Diallo, vice-président de l’Association des revendeurs de produits maraîchers.

La démolition de ce marché a occasionné d’énormes pertes pour les occupants. « Ils ont tout détruit. Ils ont mis le feu à nos marchandises », a déploré M. Diallo.
Ce que les déguerpis n’ont pas compris, c’est que le maire de la commune VI n’était informé de cette opération. De plus, la démolition et le morcellement du désormais ex-marché de banane de Faladié se faisaient en même temps.

L’affaire du TF 42-04 oppose 149 familles de Kabala-Est, regroupées au sein du Collectif des habitants de Kabala-Est (membre de l’UACDDDD),  à un certain Sidiki Toïna, géomètre à Institut géographique du Mali (IGM).
M. Toïna, selon les membres du Collectif, veut profiter de sa position pour les exproprier de leurs habitations qu’ils occupent depuis plus de 30 ans. L’agent de l’IGM estime son TF à 5 hectares à Kabala-Est. L’UACDDDD trouve que le TF est un demi-hectare et se situe à Kabala et non à Kabala-Est.

Plus encore, le secrétaire général du Collectif, Sékou Camara, a souligné que le TF 42-04 a été absorbé la Cité universitaire de Kabala et que son propriétaire, M. Toïna, a été dédommagé par l’Etat à plus de 99 millions de F CFA.
M. Toïna, malgré l’insistance du Collectif, a toujours refusé de procéder à  l’expertise avec la complicité de juges pour déterminer la situation du TF. Malgré tout, Toïna prévoie de démolir Kabala-Est aujourd’hui. Ce que les populations de la localité ne sont pas prêts d’accepter. Il aurait proposé alors à chaque famille de payer plus de 1,7 million pour conserver son « lot ».

Le dernier thème à l’ordre du jour concernait la démolition de cinq concessions pour agrandir l’espace de la mosquée Ousmane Coulibaly de Niamakoro-Koko. Les propriétaires de ces concessions disent ne pas être d’accord avec cette décision. « Nos maisons sont plus anciennes que cette mosquée. Nous ne pouvons pas accepter qu’on nous mette à la rue pour construire une médersa pour l’imam de la mosquée », a insisté Coumba Maïga, une propriétaire.

Sur ces « injustices », l’UACDDDD interpelle l’Etat à jouer son rôle afin de mettre fin au manège des prédateurs foncier. Pour contester ces mauvaises pratiques autour du foncier et inviter les autorités compétentes à s’assumer, l’UACDDDD, forte de plus de 200 associations, prévoit d’organiser une marche dans les jours à venir.
« Dans ces deux jours, nous allons organiser une marche pour manifester nos sentiments face à tous ces injustices. Il faut que l’Etat s’assume, sinon on ne va plus se laisser faire », a prévenu Taka Méminta, chargé des affaires judiciaires de l’Union.

Youssouf Coulibaly 
 
1er Novembre 2016