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Des efforts importants ont été accomplis dans la recherche de la paix et la sécurité sur le continent.

Pour la circonstance, Charm El Cheick à l’image de son « Center congres » a fait peau neuve pour réserver à ses hôtes un agréable séjour aux pieds du Mont Sinaï.

Le thème de la session, la « réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement en matière d’eau et d’assainissement« , revêt une importance capitale, a souligné le nouveau président de la Commission de l’Union africaine.

Si des progrès non négligeables ont été réalisés, particulièrement en ce qui concerne l’accès à l’eau potable, il n’en demeure pas moins que beaucoup reste à faire pour que le continent atteigne les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) dans les délais fixés, a ajouté le Gabonais, Jean Ping.


Paix et sécurité

Le onzième rendez-vous des dirigeants du continent se tient dans un contexte international marqué par une multiplicité de problèmes et de défis, qui assaillent le continent. Il s’agit en particulier des crises alimentaire, énergétique, climatique, etc. Mais, si cette série de tensions est mondiale, il n’en demeure pas moins que notre continent lui paie le prix fort du fait de sa fragilité, a regretté Jean Ping.

« L’actualité récente a mis en relief la gravité de la crise alimentaire que traversent nombre de communautés et de pays de par le monde. L’Afrique est d’autant plus affectée qu’elle importe respectivement 45 à 85% du riz et du blé qu’elle consomme.

Non seulement cette situation aggrave le sort déjà peu enviable des groupes les plus vulnérables mais elle porte aussi en elle le danger d’émeutes de la faim dont les conséquences déstabilisatrices ne doivent pas être sous-estimées« , a expliqué Jean Ping.

Face à la crise, l’Union a pris de nombreuses initiatives pour bâtir un partenariat stratégique avec les institutions internationales compétentes en vue non seulement d’assister les États membres à satisfaire leurs besoins les plus urgents, mais aussi de mener à bien les programmes destinés à accroître leur production et productivité, a indiqué le président de la Commission de l’UA.

Comme il fallait s’y attendre, la paix et la sécurité se sont invitées dans les débats des dirigeants du continent. Malgré les efforts entrepris par la diplomatie intrafricaine, les crises en Somalie, au Darfour et les différends territoriaux opposant l’Éthiopie à l’Erythrée et récemment entre le même jeune pays à ses voisins djiboutiens.

La récente rupture diplomatique entre le Tchad et le Soudan, qui s’accusent mutuellement d’entretenir des rébellions armées et les tensions actuelles au Zimbabwe constituent de nouveaux défis sécuritaires qui interpellent l’union, a indiqué Jean Ping.

Plus précisément sur le dossier zimbabwéen, le patron de la Commission de l’UA a lancé un appel au compromis en estimant que « l’Afrique doit assumer pleinement les responsabilités qui sont les siennes et faire tout ce qui est en son pouvoir pour aider les parties à surmonter les défis de l’heure« .

En dépit de la situation préoccupante sur le plan sécuritaire, des efforts importants ont été accomplis dans la recherche de la paix et la sécurité sur le continent, selon le diplomate gabonais.

A ce propos, il a cité la poursuite des efforts en cours pour consolider la paix en République démocratique du Congo, l’ouverture du dialogue politique inclusif en République centrafricaine, les avancées enregistrées dans le processus de paix et de réconciliation en Côte d’Ivoire et les progrès du Liberia en matière de reconstruction.

D’autres signes encourageants proviennent de la restauration aux Comores de l’autorité du gouvernement de l’Union sur l’Île d’Anjouan, grâce à l’opération « Démocratie aux Comores qui a permis de refermer la parenthèse séparatiste, de la déclaration conjointe de cessation des hostilités au Burundi, signée le 26 mai dernier par le gouvernement et le Palipehutu/FLN qui a permis de relancer le processus de mise en oeuvre de l’accord global de cessez-le-feu de septembre 2006. Jean Ping a promis que l’Union continuera à jouer son rôle dans ce processus de réconciliation.


Le pari du développement.

Évoquant la Somalie, le président de la Commission de l’UA a jugé préoccupante la situation sécuritaire et humanitaire de ce pays et néanmoins encourageantes les avancées enregistrées dans la voie de la réconciliation entre les parties en conflit.

Un accord a été signé dans ce sens entre le gouvernement fédéral de transition et l’Alliance pour la libération de la Somalie. Jean Ping a sollicité le soutien de la communauté internationale, afin que soit mis un terme définitif à la violence qui afflige ce pays depuis près de deux décennies.

L’UA, à travers l’AMISOM, s’emploiera à appuyer les parties somaliennes dans la mise en oeuvre de cet accord.
Jean Ping n’a pas occulté les nouveaux défis auxquels le continent doit faire face. Au Darfour, malgré les efforts soutenus des Nations Unies et de l’UA, le processus politique reste dans l’impasse et la violence sur le terrain préoccupant.

Pour relever tous ces défis, le continent doit faire preuve d’une détermination et d’une volonté politique encore plus fortes, a-t-il estimé.

L’Afrique doit également mobiliser davantage de ressources au niveau du continent pour financer les activités entreprises par l’Union pour promouvoir la paix et de la sécurité.

Jean Ping s’est aussi appesanti aussi sur la nécessité d’accélérer le processus d’intégration du continent, surtout dans un contexte de mondialisation accrue.
Jean Ping jugera que le développement du continent requiert la mise en place d’infrastructures modernes et efficientes.

A cet égard, la Commission entend renforcer sa mission d’impulsion, de coordination et d’harmonisation, notamment en facilitant l’identification des priorités, le suivi des engagements importants pris par les partenaires au développement et l’accroissement des capacités d’absorption des États membres. Mais pour cela, a t-il estimé, le moment est venu pour l’Union de mettre en oeuvre certains des projets qui ont été conçus ces dernières années.

Le président de la Commission de l’UA a évoqué la promotion d’une politique d’éducation et de formation sur le continent. C’est dans cette perspective que s’inscrit l’initiative d’implanter cinq universités thématiques africaines ainsi que les efforts de création ou de revitalisation de cinq centres de formation professionnelle sur le continent (un centre par région).

« Comme vous le savez, aujourd’hui, le développement s’appuie avant tout sur l’économie de la connaissance« , a rappelé Jean Ping.
Plusieurs autres interventions ont marqué l’ouverture du sommet, notamment celle du chef d’État égyptien qui a souhaité la bienvenue à ses invités avant d’introduire brièvement le thème de la rencontre.

Pour le président Hosni Moubarak, l’Afrique doit relever le pari du développement en axant ses efforts sur les infrastructures, nécessaire à pour atteindre les Objectifs du millénaire.

Le représentant du secrétaire général de l’ONU, le secrétaire général de la Ligue arabe, le président de l’Autorité palestinienne sont également intervenus. Le discours du président sortant de l’Union, le Tanzanien Jakaya Mrisho Kikwete, a mis fin à la cérémonie d’ouverture.

Après la traditionnelle séance de photo de famille, les chefs d’État ont marqué une pause au cours de laquelle le président Amadou Toumani Touré a reçu en audience ses homologues de la Mauritanie, du Tchad.

Envoyé spécial

A O. DIALLO

01 Juillet 2008