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Des dizaines d’experts militaires et diplomates de la Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), de l’Union Africaine (UA) ainsi que de nombreux partenaires du Mali participent à une réunion de haut niveau, à Bamako, dans l’optique de donner une réponse à la demande des Nations Unies en vue d’un déploiement de forces militaires internationales dans le nord du pays.

jpg_une-1103.jpgCette rencontre du Groupe de soutien et de suivi sur le Mali qui se tient à l’initiative de l’UA dont la nouvelle présidente de la commission, Mme Nkosazana Dlamini Zuma, y participe, est aussi comptabilisée par la CEDEAO comme l’un de ses nombreux «efforts» visant à régler politiquement ou militairement la crise malienne. Le ministre ivoirien Daniel Kablan Denka, président du conseil des ministres de la CEDEAO, parle d’un «tournant décisif» dans le règlement de cette crise. Pour le président de la république par intérim, le Pr. Dioncounda Traoré, le Mali est «un pays fier» qui a été au front de la «libération totale» de l’Afrique mais également «fier et heureux» d’attendre une mission militaire son sol.

Outre Mme Dlamini Zuma, l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations Unies pour le Sahel, Romano Prodi, ainsi que son secrétaire général adjoint Jean Eliasson, ont pris part à la rencontre. Pour le Pr. Traoré, la sécurité du monde entier est en cause dans le nord du Mali, occupé par des islamistes armés. «Je ne suis pas un président pris en otage», a-t-il souligné, instant sur la délicatesse de la mission qui se pose à lui et son gouvernement. En fait, le coup d’Etat du 22 mars qui a précipité la chute du pays, a amené l’organisation sous régionale à se saisir du problème malien. Huit sessions de la conférence des chefs d’Etats et de gouvernements, trois session du conseil de médiation et de sécurité assorties de missions de médiation sur le terrain, dix réunions du comité des chefs d’État-major, entre autres, ont été les principaux efforts de l’organisation sous-régionale.

La présente réunion du groupe de contact et de soutien intervient après celle du 7 juin tenue à Abidjan. Tous ceci pour un résultat encore peu louable. Elle a réussi à réinstaurer l’ordre constitutionnel après le coup d’Etat. Les douze mois de transition accordés aux autorités maliennes restent un objectif compromis. «La question du rétablissement de l’intégrité territoriale du Mali constitue désormais la priorité de la CEDEAO et de l’ensemble de la communauté internationale», a expliqué Daniel Kablan Denka. jpg_une-1104.jpgSur saisine conjointe du Mali, de la CEDEAO et de l’UA, rappelle le ministre, le conseil de sécurité des nations Unies a déclaré sa disponibilité à accompagner le Mali dans le cadre d’une résolution 2071, adopté le 12 octobre dernier, quitte aux auteurs de la requête de fournir un plan détaillé d’intervention dans un délai de 45 jours. «Cette exigence interpelle notre sous région», a-t-il indiqué. La présente rencontre vise donc à poser les jalons d’une réponse à cet ultimatum.

En lieu et place d’une «force de la CEDEAO» dont les 3 300 hommes restent mobilisés, c’est une «force internationale» qui est attendue au Mali. Pour Daniel Kablan Denka, les pays du champ y compris la Libye doivent s’impliquer davantage dans la résolution de la crise. Cette rencontre doit permettre d’arrêter les modalités de l’aide sollicitée auprès des Nations Unies, d’harmoniser les visions de la CEDEAO et de l’UA mais aussi les initiatives bilatérales et multilatérales sur le sahel. Le dossier finalisé sur la planification conjointe sera soumis à l’appréciation du conseil de médiation et de sécurité de la CEDEAO avant d’être entériné par l’UA. C’est donc une planification militaire africaine qui sera acheminée à l’ONU pour appui financier et technique.

Seydou Coulibaly

Le 19 Octobre 2012

© AFRIBONE