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Tout débarquement d’un passager se trouvant à bord d’un vol doit être accompagné d’une décision administrative de débarquement. Ce document qui contient les raisons du refoulement est destiné aux autorités du pays d’accueil et doit être acheminé par la compagnie. Contrairement à la pratique légale, Yaméogo Macaire, un Burkinabé, a été débarqué à Tunis et expulsé sur Bamako sans aucun document administratif justifiant cet acte.

Yaméogo Macaire avait déjà séjourné en Tchécoslovaquie, en 1999, 2000 et de 2001. Mais ce 20 janvier 2005 a été marqué d’une empreinte indélébile se traduisant par un coup de frein dans ses affaires à Prague. Macaire est opérateur économique dans le domaine de l’appareillage biomédical. C’est dans ce cadre qu’il a tissé des relations avec la société Bohémia Crystalex.

Devant la justice malienne, devant laquelle la victime a porté l’affaire, la compagnie tunisienne a soutenu qu’elle n’était pas à la base du débarquement de Macaire. Elle en rejette la responsabilité sur la police aéroportuaire. Une thèse que la victime refuta. En portant plainte contre la compagnie, Macaire veut être dédommagé. Il exige une réparation des préjudices causés. Le plaignant explique son échec devant le tribunal de première instance et la Cour d’appel par l’absence d’une décision de débarquement. La compagnie fuit la responsabilité de son acte.

Yaméogo Macaire avait quitté Bamako, le 18 janvier à bord du vol 397 TU pour se rendre à Prague en République Tchèque. Ce voyage prévoyait une escale à Tunis où il devait prendre le vol 228. Mais c’est au comptoir de l’aéroport qu’il lui sera intimé un ordre verbal de débarquement : « tu retournes chez toi ». Sans motif, pendant que les autres passagers continuaient leur chemin. Ainsi dit, ainsi fait, sans autre forme de procès. Yaméogo Macaire en a été frustré et atteint dans sa dignité d’homme, car il en déduit « une pratique discriminatoire et raciste ». Il reproche à la compagnie une escroquerie déguisée qui consiste à encaisser l’argent d’un service non rendu. Son billet aller-retour, Bamako-Tunis-Prague a été encaissé alors qu’il n’a pas effectué le voyage qui s’est arrêté à Tunis.

Nos efforts ont été vains pour avoir la version de la compagnie Tunis Air. Contacté le mardi 2 décembre, dans la matinée, le chef du service administratif de Tunis Air, Daba Coulibaly a promis de nous rappeler dans la journée dès que le Représentant serait sur place. Il nous a plus rappelé et son téléphone est resté constamment occupé tout le reste de la journée. Affaire à suivre !

B. Daou

03 décembre 2008