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L’armée congolaise a donné un nouveau bilan de 21 morts et lancé une enquête sur une tuerie samedi soir à Beni (est) attribuée au « terrorisme » du groupe armé d’origine ougandaise Allied démocratic force (ADF). « Le parquet militaire a ouvert une information judiciaire sur l’attaque meurtrière lancée par le groupe islamiste ADF contre la population civile de Beni ayant causé la mort de 17 civils et 4 militaires », a déclaré à l’AFP le colonel Kumbu Ngoma, substitut de l’auditeur supérieur militaire du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo. Un précédent bilan faisait état dimanche soir de 18 morts – 14 civils et quatre militaires. Lundi matin, Beni vivait au rythme d’une journée ville morte de protestation à l’appel de la société civile – écoles et commerces fermés, rues désertes. Un député d’opposition a demandé une « évaluation rapide de l’efficacité des opérations de l’armée ». « La ligne de front a quitté le parc de Virunga pour se retrouver à l’intérieure de Beni, hypothéquant dangereusement la bonne tenue des élections le 23 décembre », a affirmé ce député, Anselme Mwaka, du parti UNC de l’opposant Vital Kamerhe. Les ONG mobilisées contre l’épidémie d’Ebola ont suspendu leurs activités à Beni, à l’appel du ministère de la Santé dans cette zone. Les activités de Médecins sans frontières (MSF) se poursuivaient normalement dans les centres de traitement à Mangina et Butembo, à 30 et 50 km de Beni. Sur les réseaux sociaux, de nombreux messages dénonçaient l’impuissance de l’armée face aux ADF, et le silence des autorités. « Kabila et ses proches osent affirmer que la situation s’améliore alors que ces drames sont quotidiens. Comment peuvent-ils vivre avec cette responsabilité? », a tweetté l’opposant en exil Moïse Katumbi, visant le président congolais Joseph Kabila.AFP