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Tous les Maliens ont été ravis de constater la construction, depuis quelques années, de plusieurs infrastructures routières reliant la capitale à l’intérieur du pays. La facilité d’accès de toutes les régions est devenue aujourd’hui le gage du développement économique, pour le bonheur des populations. Ainsi, après le tronçon Bamako-Fana-Ségou, c’est au tour au tronçon Diéma-Kayes de subir des dégradations notoires.

En effet, tous les habitués du tronçon Diéma-Kayes sont unanimes à affirmer que si rien n’est fait d’ici deux on trois mois, et surtout, avant l’arrivée de la saison hivernale, le trafic des véhicules risque de devenir impossible sur ce tronçon.

Ce qui obligera tous les habitants de Kayes, notamment les commerçants, à passer par la voie ferroviaire, ou à passer deux à sept jours sur la route. Ce qui va certainement influer sur l’entame du développement économique du pays, amorcé depuis quelques années. Aussi, pour remédier à ce problème, tous les yeux sont naturellement braqués sur le ministre de l’Equipement et des Transports, Ahmed Diané Séméga.


Qu’en pense le ministère des Transports?

Pourtant, de Bamako à Diéma, on a l’impression que tout est parfait. Mais une fois arrivé entre Diéma et Kayes, c’est un véritable calvaire, tant la dégradation de la voie peut virer à la catastrophe, surtout qu’à cet endroit existe une multitude de virages et de ponts. Ce qui rend non seulement la circulation difficile, voire très dangereuse (surtout pendant la nuit), mais peut également entraîner des conséquences fâcheuses pour les véhicules, et même des accidents, leurs lots de pertes en vies humaines et de blessés graves qui sont souvent condamnés à rester infirmes pour tout le restant de leur vie…

Comme on le sait, aujourd’hui, avec le désenclavement routier entre Bamako et Kayes, et surtout, entre le Mali et le Sénégal, le trafic est devenu très dense, surtout avec les gros porteurs, les cars et les véhicules de transport. D’ailleurs, c’est cette voie qu’empruntent la plupart des citernes chargées d’essence, de sel et d’autres produits transitant par le port de Dakar.

Pour le ministère de l’Equipement et des Transports, il est obligatoire, sinon impératif, de tout mettre en œuvre pour que ce tronçon soit sécurisé. Un appel pressant est donc lancé aux autorités chargées des routes en vue de réparer cette voie de tous les dangers, sinon, dans deux ou trois mois tout au plus, aucun gros porteur, car ou véhicule ne se hasarderait à circuler dessus. Or, vu l’importance de ce tronçon, on ne peut négliger cet aspect. “Tout le monde a constaté les souffrances des populations après la défaillance du train. Nous, on ne veut pas subir le même sort”, a déclaré un habitant de Diéma.

Tout le monde (surtout celui des transporteurs) avait salué l’initiative du système de péage et de pesage. Et tout le monde avait pensé que des routes bitumées aussi importantes n’allaient jamais subir une telle dégradation,… jusqu’à ce que il y ait des accidents.

Selon les uns, le ministère de tutelle ne devrait pas attendre jusqu’à ce qu’il y ait de gros accidents pour tenter de “colmater les brèches” ou de “sauver les meubles“. Et de l’avis des autres, il ne faut pas que le ministre séméga donne raison à ceux qui pensent que le péage et le pesage sont uniquement créés pour “alimenter les poches”.

C’est dire que les autorités chargées de l’entretien des routes, et plus particulièrement le ministère de tutelle, sont fortement interpellées, vu l’état de dégradation avancée du tronçon Diéma-Kayes. Souvent, des trous béants sont constatés çà et là sur la voie. Certaines de ces crevasses se trouvent au beau milieu ou aux bordures de la route.

Ce qui fait que même si le véhicule parvient à éviter un trou, il ne pourra en aucune façon échapper au suivant. Il n’est pas question non plus de… choisir son trou, comme on le dit souvent. C’est dire tout simplement combien l’axe Diéma-Kayes est aujourd’hui dégradé, sinon délabré ! Et que c’est l’occasion, pour le ministère des Transports, de convaincre ceux qui sont encore sceptiques sur l’utilité et la nécessité des systèmes de péage et de pesage.


Sadou BOCOUM

27 Février 2009