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Tout ce qui brille n’est pas de l’or, surtout pas à Bamako ! 

Madame Doucouré, commerçante de pagnes wax au grand marché de Bamako est une femme autonome depuis trois ans, puisque ses affaires prospèrent. Courtoise et d’un commerce agréable, sa boutique ne désemplit pas et sa clientèle augmente de jour en jour juste grâce à sa gentillesse et à sa bonne humeur.

Cet après-midi de vendredi, alors que le marché était bondé, madame Doucouré reçoit une cliente inhabituelle. Coquettement habillée, élégante et très belle, celle-ci inspirait facilement confiance. « Cette dame avait tout d’une dame de la haute société : elle sentait un très bon encens, portait un très beau basin blanc et était paré d’or du cou au bras. J’étais sûre de faire une bonne affaire avec elle ».

« Je l’ai donc adorablement accueilli dans ma boutique et lui ai demandé quels types des pagnes souhaiterait-elle avoir. Puis elle a longuement regardé tous mes pagnes, et a pointé du doigt un modèle unique. La riche cliente m’a fait savoir qu’elle voulait ce pagne en 10 exemplaires. » explique madame Doucouré avant de continuer « c’est alors que je lui ai proposé de m’attendre dans la boutique pour que j’aille chercher le reste auprès de mes consœurs commerçantes. Chose qu’elle a immédiatement accepté. »

« Alors je suis précipitamment allée voir dans les magasins voisins pour collecter les 9 pagnes manquants. Et je me suis rappelée que j’ai oublié sur le comptoir mon portefeuille dans lequel se trouvait une somme de 400.000 FCFA. Mais je ne me suis pas inquiétée. Je me suis dite que cette charmante cliente n’avait rien à faire de mes maigres sous. Alors j’ai continué à faire le tour du marché pendant environ 15 minutes avant de rassembler tous les pagnes. »

Madame Doucouré, satisfaite du marché qu’elle allait conclure, retourne à sa boutique toute heureuse. Cependant, à son retour, sa riche cliente avait disparu. Son portefeuille aussi. Pire, les 5 pagnes étaient partis. « C’est là que j’ai compris que je venais de me faire plumer ».

Madame Doucouré, aidée des autres vendeuses, a fouillé le marché de fond en comble, mais, aucune trace de l’élégante cliente. « Elle s’en est allée avec mon argent et mes pagnes… », raconte Madame Doucouré, sans se départir de sa bonne humeur.

« Depuis ce jour, je me méfie des sapées, des beaux parleurs … »

Soumba Diabaté 

@Afribone