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La démocratie malienne est un exemple qui a suscité beaucoup d’engouement au sein de la communauté internationale en raison de son originalité et de sa culture de paix. En effet, plus d’une fois, des personnalités: acteurs politiques, chefs d’institutions entre autres, se sont rendus en visite au Mali pour s’enquérir de l’expérience malienne en matière de démocratie et dans plusieurs autres domaines relatifs à la paix, la sécurité et au développement.

Qu’à cela ne tienne, elle n’est pas parfaite, puisque traînant certaines lacunes et insuffisances d’ordre structurel que l’on s’efforce progressivement à enrayer. Pratiquement aucun domaine d’activité n’est épargné par les réformes engagées depuis les premières années de l’ouverture démocratique.

Les modes de scrutin ont presque tous été explorés le long du processus électoral malien, dans la mesure où, après toutes les élections générales, des représentants de la classe politique et de la société civile exigent que l’on procède à la relecture des textes: code électoral, charte des partis, relations entre les institutions.

La révision constitutionnelle

Cette fois-ci, après les concertations régionales, la relecture des textes fondamentaux: code électoral, charte des partis, c’est la loi fondamentale qui était concernée. Toute chose qui a été à l’origine de débats houleux et de commentaires divers au sein de la classe politique et de l’opinion publique nationale.

Ce que l’on redoutait, c’était surtout les modifications de l’article 30 de la constitution relatif au mandat présidentiel. Selon le rapport de Daba Diawara, la commission de réflexion n’a rien pas touché à l’article 30. Qu’à cela ne tienne, certains sont toujours soucieux, voire inquiets au sujet de ce qu’on pourrait faire de cette disposition de la loi fondamentale.

La révision constitutionnelle est certes un fait majeur, étant donné qu’elle permet de parfaire la loi fondamentale à travers la correction de ses lacunes et insuffisances notoires traduisant son déphasage par endroits par rapport à l’évolution de la situation politique, socio-économique, donc aux aspirations profondes et légitimes du peuple malien dans son entièreté.

Une crise de confiance s’installe

Avec ce processus, il est en train de s’installer une crise de confiance entre le pouvoir et ses adversaires politiques, notamment ceux qui croient que leur heure est arrivée de monter sur le trône en 2012. Pour ceux-ci, rien n’est rassurant, même le fait que l’article 30 est demeuré intact.

Alors, la question que l’on se pose, c’est de savoir sur quelles possibilités peut-on miser pour opérer des changements qui permettent à ATT de briguer pour la troisième fois la magistrature suprême. Oublient-ils que le Malien a toujours prôné qu’il y ait l’alternance politique, estimant qu’elle est source de changements qualitatifs dans le cadre de la gestion des affaires publiques?


Les défis à relever

Aussi, on le sait, le cas d’ATT intervient à un moment où il est en train de conduire son deuxième mandat. Il aura beaucoup fait dans plusieurs domaines, mais il n’acceptera pas de tenter un troisième mandat connaissant bien la mentalité des Maliens et sachant qu’ils seront réfractaires à cette idée. D’ailleurs, le PDES est aujourd’hui sa préoccupation majeure pour finir son mandat en beauté.

Or, pour ce faire, il y a plusieurs défis qu’il se doit de relever d’ici 2012 dont la gestion de la situation scolaire, de celle alimentaire afin que les prix des denrées alimentaires reviennent à des proportions bien plus supportables pour le consommateur malien.

A cela s’ajoute la gestion de l’insécurité dans le septnterion malien. En marge de tout cela, il y a la poursuite des grands travaux de désenclavement intérieur et extérieur, la construction des logements sociaux entre autres. Avec tous ces défis à relever, ATT peut-il penser dès à présent à un troisième mandat, au fait de se maintenir au pouvoir?

L’ADEMA et l’ URD ambititieux pour 2012

En a-t-il les moyens. Les députés qui sont majoritairement Adéma et URD s’engageront-ils avec lui dans cette aventure? Rien n’est moins sûr que cela, puisque le deux partis politiques sont déjà en train d’affûter leurs armes pour conquérir le pouvoir politique en 2012.

Mais, comme nous le disions dans l’un de nos précédents articles, il y aura l’équation du passage de témoin. Il serait sans doute plus pragmatique de se poser la question de savoir qui est aujourd’hui en mesure de succéder à ATT en 2012, puisqu’un troisième mandat n’est qu’une vue de l’esprit.
En effet, certains vous diront que quels que soient les résultats qu’il obtiendra à l’issue de son second mandat, ATT passera le témoins.


Moussa SOW

14 Novembre 2008