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« Les exonérations sont des détournements de deniers publics »

Le Républicain : M. le secrétaire général, la CSTM fait-elle partie du conseil national des prix et en règle générale des différents cadres de concertation en cours ?

Hamadoun Amion Guindo : La CSTM ne fait pas partie du conseil national des prix.

Nous n’avons pas été invités à ce niveau. Nous n’avons pas, aussi, entrepris de démarches pour y participer bien que, quand ce conseil a été mis en place et remarquant notre exclusion, nous avons exprimé notre regret au gouvernement d’avoir pris cette décision d’exclusion d’une centrale syndicale que nous estimons représentative.

Nous avons, en son temps, saisi le gouvernement par écrit. Le nouveau ministre de l’économie nous a rencontré et a échangé sur un certain nombre d’initiatives qu’il a souhaité prendre. Par rapport à cela, je pense que nous avons donné, non seulement notre point de vue, mais nous l’avons encore réitéré pour dire qu’il aurait été mieux, de la part du gouvernement, d’inviter tout le monde.


Que pensez-vous des exonérations accordées aux commerçants par le gouvernement ?

En son temps, nous les avons condamnées parce que nous ne croyons pas aux effets bénéfiques de ces exonérations. Nous avons dit quelque part que c’est presque des détournements de deniers publics.

Parce que connaissant l’essence même sinon l’esprit du commerçant, qu’il soit du nord ou du sud, son aspiration et sa raison d’être, c’est le profit. Ce n’est pas facile de demander à ces opérateurs économiques psychologiquement et professionnellement formés pour cela, de dire qu’avec des exonérations, on va contrôler les prix.

Nous nous sommes dit au niveau de la CSTM qu’il fallait plutôt que l’Etat essaye de gagner le maximum de ses recettes et qu’ayant des exigences par rapport à une situation, qu’il se donne les moyens de combattre vigoureusement ce problème, surtout que ce n’est pas la première fois que nous avons vu des exonérations octroyées mais qui n’ont absolument servi à rien.

Donc fondamentalement, nous étions contre et nous disons encore une fois que ce n’est pas une bonne chose que l’Etat se prive d’une grande partie de ses capacités de financement

L’Etat s’apprête à privatiser la CMDT, qu’en pensez-vous ?
Non seulement, la privatisation n’est pas bonne mais au regard de l’impact, surtout social, elle est une très mauvaise chose. Nous avons dit non à la privatisation, pas seulement de la CMDT mais de la Sotelma et des autres entreprises dans lesquelles l’Etat est aujourd’hui fortement majoritaire.

Mais ce que nous n’avons pas compris, pour le cas de la CMDT voire de la Sotelma, c’est qu’aujourd’hui, ça fait beaucoup de bruits, mais nous étions tous là en juin 2007 quand ces mêmes travailleurs, autant à la Sotelma qu’à la CMDT, ont accepté sur leur préavis de grève, qu’il y’ait des points comme l’accélération de la privatisation de leurs sociétés et ils sont allés en grève en juin 2007 pour qu’on accélère la privatisation.

Cela a l’air anodin pour ceux qui n’observent pas, mais il y a de cela tout juste un an.

On aurait pu tous ensemble dire non, il faut arrêter le processus mais les principaux acteurs concernés ont non seulement engagé des campagnes de sensibilisation pour que les travailleuses et les travailleurs acceptent le principe mais aussi, sont allés en grève pour la précipitation de ces privatisations.

Aujourd’hui, on entend un autre langage. J’ai entendu la semaine dernière des camarades, même de la Sotelma dire que c’est inévitable, il faut le faire. Nous pensons que cela est regrettable. Nous reconnaissons qu’il y a des difficultés au niveau de la Sotelma, de la BIM et de la CMDT, mais nous ne pensons pas que la privatisation soit actuellement la solution appropriée.

Propos recueillis par Baba Dembélé

24 Juillet 2008