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Un journaliste mauritanien, militant d’un mouvement de jeunes opposé au pouvoir en Mauritanie, a été condamné à trois ans de prison ferme jeudi à Nouakchott, pour avoir lancé sa chaussure sur un ministre, selon une source judiciaire et ses avocats. Me Brahim Ould Ebetty, qui dirige le collectif des avocats de l’accusé, nous a souligné que le juge « n’a même pas suivi les demandes du parquet », le procureur ayant réclamé la peine minimale à son encontre. « Le juge nous confirme que nous sommes dans un État d’exception, c’est le fait du Prince. Nous sommes dans un état de désolation indescriptible », a déclaré Me Ould Ebetty. La défense fera immédiatement appel contre « cette décision insensée », a-t-il dit. Aucun commentaire n’avait pu être obtenu dans l’immédiat dans le camp de l’accusation. La décision a été accueillie par des huées et vives protestations de jeunes, membres du « Mouvement du 25 février » – né dans le sillage du printemps arabe, opposé au régime du président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz -, dont le journaliste est un militant.Son lancer de chaussure fait écho à d’autres événements similaires. Il rappelle notamment celui d’un journaliste irakien en 2008 qui avait visé avec sa chaussure de sport le président américain d’alors, George W. Bush, lors d’une conférence de presse à Bagdad. Ce dernier l’avait évitée.AFP.