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L’ancien président de la République, Amadou Toumani Touré, le président du Conseil National pour le Salut du Peuple, le Colonel Assimi Goita et le président de la transition, Bah N’daw, ont tous les trois ouvertement accusé l’administration en charge des élections d’être en partie responsables des problèmes électoraux dans notre pays. Une accusation que ne digèrent pas les mis en cause.

-Maliweb.net- «Depuis 2013, le ministère de l’Administration territoriale organise les élections», a constaté Amadou Toumani Touré, au cours d’une interview accordée à l’ORTM le 21 septembre dernier. «Une administration ne peut pas organiser les élections et les perdre», avait ajouté l’ancien président de la République. Dans son adresse à la nation, le lendemain de sortie médiatique d’ATT, le Colonel Assimi Goita avait aussi dénoncé le processus électoral. La même accusation a été portée, selon les comités exécutifs nationaux du Syndicat Autonome des Administrateurs Civils (SYNAC) et du Syndicat Libre des Travailleurs du Ministère de l’Administration Territoriale (SYLTMAT), par Bah N’daw lors de son investiture, le 25 septembre.

Dans un communiqué rendu public, ce mardi 29 septembre, les deux syndicats affirment que la non crédibilité des élections au Mali se trouve entre autres : dans l’utilisation et la jouissance abusives des moyens de l’Etat, l’attribution de marchés publics aux opérateurs économiques partisans et la promotion de cadres non méritants aux fins de financement des campagnes électorales, l’achat de conscience des électeurs, des agents électoraux et des notabilités, la monopolisation des médias d’Etat par tous les régimes qui se sont succèdés, l’incursion dans les organismes de gestion des élections par des personnes à la solde des tenants du pouvoir et n’ayant aucune expérience de l’administration électorale.

Au président Amadou Toumani Touré, le SYNAC et le SYLTMAT rappellent que sa propre élection en 2002, puis sa réélection en 2007, ont bien été organisées par le ministère de l’Administration territoriale, suite au fiasco de l’organisation des législatives de 1997 par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Aux présidents du CNSP et de la Transition, les syndicalistes indiquent que l’implication des représentants de l’Etat dans les élections n’est pas le fait de revendication syndicale mais des lois et règlements du Mali.

Par ailleurs, le SYNAC et le SYLTMAT reconnaissent avoir des « brebis galeuses » dans leur rang. Cependant, les deux syndicats invitent les plus hautes autorités à diligenter des missions d’inspection et de contrôle indépendantes «à l’encontre de tout représentant de l’Etat soupçonné de tripatouillage électoral à l’occasion des scrutins passés et à sévir avec la plus grande fermeté en cas de faute».

Mamadou TOGOLA/Maliweb.net