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Après différentes tentatives de gestion du pays vouées à l’échec, la junte malienne entend maintenant imposer un président aux Maliens et par tous les moyens. C’est pourquoi, en complicité avec ce camp, toutes sortes d’irrégularités ont été enregistrées. Cela n’a pas suffit, le bas peuple ayant logiquement choisi son camp. Malgré tout, un holdup électoral est en branle. A qui profite donc le crime ?

Le 28 juillet dernier, les Maliennes et les Maliens sont massivement sortis pour élire leur président. L’engouement et l’engagement des uns et des autres se faisaient sentir. C’était dans le seul dessein de mettre fin à plus d’un an de cacophonie, de disette.

Cette sortie massive du peuple pour élire son président a ouvert la brèche à toutes sortes d’intimidations, de ventes et d’achats de conscience, des irrégularités au dépouillement et dans la transmission des résultats dans des commissions de centralisation. Avec un seul objectif, imposer Ibrahim Boubacar Kéïta (IBK) aux Maliens contre leur volonté.

Pour arriver à cette forfaiture, des membres de la junte ont donné des instructions dans les camps à voter IBK. Faute de quoi, des sanctions vont pleuvoir. Pire, des réseaux mafieux plus que la mafia sicilienne ont été constitués avec comme point d’orgue Soumeylou Boubeye Maïga, Karim Kéïta, Moussa Sinko Coulibaly, Amadou Baba Cissé, des préfets et sous préfets, des gouverneurs, etc. Très grave, des médias français inclus dans ce jeu, il s’agit notamment de France 24, TF1 et France 2. Sans écarter de nombreux candidats ou leur Directeur de campagne.

Qu’à cela ne tienne, après avoir saisi les 12.000 Chefs de village du Mali ; après s’être rendu dans plus de 10.000 villages afin de discuter et proposer, Soumaïla Cissé a attendu la journée du 28 juillet avec espoir de pouvoir servir et de pouvoir faire sortir sa patrie de cette situation chaotique. Mal lui a pris, un plan machiavélique est monté contre lui afin qu’il soit humilié. Béni et ne voulant que servir sa patrie, malgré toutes les manigances orchestrées, Soumi est là, encore là, toujours là.

Alors, il faut bluffer le peuple par des déclarations incendiaires du genre : «Après le dépouillement du 1/3, les résultats indiquent IBK largement en tête. A ce rythme, un second tour n’est pas envisageable», de la bouche de la République. République bananière sinon aucun responsable digne de ce nom ne va se hasarder à aller annoncer un quelconque résultat sans donner de chiffre. Mais, le ridicule ne tue plus au Mali. Donc, tout est permis.

Dans cette tentative de holdup, il n’est pas interdit d’accuser les différentes structures de mission d’observation dont certaines se sont permises d’indiquer qu’il est possible qu’il n’y ait pas de second tour. Et, à part l’Union Africaine (UA), toutes les autres structures indiquent qu’il n’y a pas eu d’irrégularités. Pourtant, selon Modibo Boïté, mandataire de Soumi à Nioro, du 7 au 28 juillet, Nioro et environnants ont vibré à la distribution de riz importé, d’huile PAM et d’argent dans tous les villages au profit d’IBK. Il indique qu’il y avait des carnets de bulletins de vote entre les mains des responsables du Rpm marqués d’empreinte.

Pourtant, avec cette période difficile, il n’était pas du tout opportun que l’on assiste à des scènes désolantes avec à la clé des dénigrements sans fondement de la part de certains islamistes, du racisme même. Nous estimons que notre pays, après avoir traversé une période très difficile et cruciale, n’a pas besoin de se déchirer pour sa construction. Car, être président est synonyme de sacrifice pour le peuple. Si c’est ce qui va créer d’autres problèmes, alors bonjour les dégâts.

Cependant, ce crime organisé et soutenu sera puni par la grâce divine, un jour ou l’autre. Et ce jour, beaucoup vont se croquer le doigt en disant si je savais, ce qui trouvera que c’est trop tard.

Boubacar DABO

Zénith Balé du 02 août 2013.