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Le Cercle de l’Entreprise et de l’Initiative Sociale (CEIS) a tenu le 24 mai 2008 dans la salle de conférence de DFA Communication sa première trimestrielle. Cette trimestrielle n°1 avait comme invité, M. Modibo Sidibé, Premier ministre, Chef du gouvernement. Le thème retenu était : Renouveau de l’action publique et dynamisation du secteur privé.

Pour la circonstance, le Premier ministre était accompagné par trois autres membres du gouvernement ainsi que les membres de son Cabinet.

Côté CEIS, on pouvait compter la quasi-totalité de ses membres qui sont des dirigeants d’entreprises privées de la génération 60. La présidence du CEIS est assurée en ce moment par Mamadou N’Diaye.

Le thème principal de la première trimestrielle du CEIS, a été scindé en quatre sous-thèmes exposés par des membres du cercle. Chacun de ces sous-thèmes prend en compte les difficultés auxquelles les entreprises maliennes sont confrontées.

Par la même occasion, le CEIS se déclare disponible pour engager un certain nombre d’actions concrètes parmi lesquelles : les approches stratégiques dans le développement des secteurs économiques, le respect des règles de concurrence et l’accès équitable aux marchés publics, l’amélioration de l’offre et de la qualité des services publics, et enfin la sécurisation des affaires par un système juridique probant.

Les missions du CEIS

Dans son adresse au public, le président du CEIS, M. Mamadou N’Diaye, a rappelé les missions que les membres du cercle se sont fixées. Ces missions sont : bâtir des entreprises compétitives au Mali et permettre l’émergence d’entrepreneurs modernes, porteurs d’éthiques et solidaires, contribuer à l’amélioration d’un environnement des affaires favorables au développement de l’entreprise malienne et à la croissance économique et sociale.

Pour réaliser ces objectifs, le CEIS a inscrit dans son plan d’actions l’organisation périodique de rencontres de débats et d’échanges entre les décideurs et les hommes d’affaires sur des sujets et des questions dont la nature ont un impact sur le devenir du climat des affaires au Mali. C’est dans ce cadre que se situe la première trimestrielle du CEIS.

Il ne s’agit pas pour nous à travers l’exercice de ce matin de dresser un tribunal, ou de mettre en cause l’administration publique malienne dont nous mesurons à bien des égards la noblesse de la mission, si ce n’est de l’inviter à améliorer ses performances sur des aspects sur lesquels elle apparaît nettement en manque, en déphasage ou en faiblesse”, a affirmé le président du CEIS.


Les questionnements des acteurs economiques du secteur privé

Malgré un handicap géographique du fait de son éloignement de la mer, le Mali dispose d’atouts considérables. Ces atouts sont bien visibles dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, du tourisme, de l’artisanat et des mines entre autres.

Les acteurs du secteur privé et ceux de l’Etat peinent à trouver des solutions au mal vivre des populations.

Les acteurs du secteur privé de l’activité économique n’ont pas le sentiment qu’il existe une véritable politique de croissance bâtie autour d’une vision planifiée à long terme et qui repose sur la valorisation de ces potentialités.

Pourquoi constate-t-on une telle dispersion dans les actions gouvernementales en matière de réformes ou de projets d’appui au secteur privé, sans cohérence ni continuité perceptible les uns avec les autres, et sans qu’on puisse véritablement en mesurer les impacts réels ?

La mise en place des nombreuses structures et programmes d’appui est-elle précédée d’une réelle étude de faisabilité, et fait-elle l’objet d’une mise en cohérence ? Existe-t-il une réelle politique gouvernementale d’accompagnement des entreprises privées au Mali ?

Pourquoi les vrais acteurs du secteur privé sont-ils si peu impliqués dans la conception et les prises de décisions concernant les réformes et les programmes d’appui au secteur privé ? Est-il possible de bâtir une stratégie de croissance basée sur le secteur privé, sans avoir une bonne visibilité et maîtrise de ce secteur tant en termes quantitatifs que qualitatifs ?


Des propositions d’actions ciblées

Les membres du Cercle de l’Entréprise et de l’Initiative Sociale, avec d’autres acteurs se proposent de répertorier progressivement l’ensemble des professions et des métiers en identifiant les professionnels y exerçant en informel, pour ensuite les reconnaître en tant que tel par la délivrance d’autorisation ou d’agréments dans le cadre des structures professionnelles.

Le CEIS propose au gouvernement la création d’une cellule d’étude prospective au sein de certains départements ministériels et/ou une agence de promotion autonome conduite par des privés nationaux, en vue de concevoir, programmer et mettre en oeuvre des actions visant l’amélioration de l’image du pays à long terme.

Les dirigeants du CEIS ont également proposé l’élaboration d’un projet de cadre de négociation propice pour la prospection et l’exportation des richesses naturelles afin d’en tirer le maximum de profit pour le pays et prévenir les conflits armés.

Lutte contre la concurrence et l’accès équitable aux marchés publics

Pour lutter efficacement contre la concurrence déloyale et favoriser l’accès équitable des hommes d’affaires aux marchés publics, le CEIS propose au gouvernement de mieux contrôler les groupages,

notamment par l’usage du scanner pour les produits qui font l’objet de concurrence déloyale, favoriser dans le respect des critères de qualité les entreprises privées nationales de prestations de services dans l’exécution de tous les marchés à caractère public.

Renforcer le contrôle sur le respect des conflits d’intérêt dans l’attribution des marchés, renforcer la DNCC afin qu’elle puisse mettre en application son pouvoir de police économique, faciliter l’octroi d’exonérations aux entreprises à valeur ajoutée nationale, surtout durant leur période de démarrage,

revoir le coût de l’électricité pour les industriels, encourager la création de mutuelles interprofessionnelles, pour rendre l’assurance maladie accessbile au plus grand nombre, entre autres.

L’amélioration de l’offre et de la qualité des services publics

Sur ce point, le CEIS pense que le choix des responsables des services publics devra répondre à des critères objectifs appréciables et quantifiables, leurs actions doivent pouvoir être évaluées et l’atteinte des objectifs mesurée.

L’amélioration de la qualité de services doit passer nécessairement par l’appréciation des gens d’affaires et des administrés.

Le président du CEIS, M. Mamadou N’Diaye propose l’installation de boîte à idées-suggestions-griefs au niveau de chaque ministère et de chacune des administrations centrales.

Pour la sécurisation des affaires par un système judiciaire probant, le CEIS propose de privilégier l’arbitrage, la conciliation et la médiation comme pistes de solutions pour une meilleure sécurisation des affaires et l’instauration de climat de confiance.

A côté de ses modes alternatifs, d’autres modes non juridictionnels de type administratif peuvent être développés. Autres propositions faites par les dirigeants du CEIS est la création d’une Commission nationale dite des recours administratifs qui sera placée sous la tutelle du Premier ministre, Chef du gouvernement.

La saisine de cette commission nationale constituera une préalable nécessaire à l’examen de tous les recours adressés contre l’administration. L’organisation de la composition et le fonctionnement de cette commission qui aura des démembrements régionales et locales pourront faire l’objet d’une réglementation spécifique.

Les 7 axes prioritaires du renouveau de l’action publique

En réponse aux propositions du CEIS, le Premier ministre se dit favorable à priori et a déclaré que le gouvernement entend focaliser les ressources et les énergies sur 7 axes prioritaires dans le cas du renouveau de l’action publique.

Ce sont : instaurer un renouveau de l’action publique au service de la croissance et du développement, devenir une puissance céréalière et agricole, améliorer la compétitivité des entreprises maliennes, en particulier les PME, développer les infrastructures,

renforcer l’accès des populations à des soins de santé de qualité, préparer les jeunes et femmes à la vie active par l’emploi, améliorer le niveau et le cadre de vie des maliens.

Le travail du gouvernement et de la majorité présidentielle consiste à affronter les défis de l’heure et procéder aux réformes nécessaires au succès de nos politiques publiques de développement. De mon expérience gouvernementale, je voudrais partager avec vous trois convictions qui déterminent pour moi la réussite des actions.

En premier lieu, notre pays a besoin de restaurer et respecter les valeurs fortes qui ont forgé le destin de la nation malienne, le travail, la rigueur, le respect des règles de société. Soyons exigeants sur la qualité de nos prestations à tous les niveaux du plus petit des cadres au premier responsable. C’est une condition du progrès économique et social auquel aspire profondément le peuple malien.


La deuxième conviction, c’est la nécessité de tisser de nouveaux liens entre le secteur public et les autres secteurs. Le contexte national et international commande aujourd’hui de construire des partenariats public-privé dynamiques et public- société civile porteurs d’idées novatrices. L’Etat doit se recentrer sur les fonctions régaliennes de régulation de l’espace économique et social.

Ma troisième conviction, c’est qu’il y a des moments où il faut croire au destin d’une nation, d’un peuple et d’un pays. C’est le moment pour le Mali de forcer son destin : les forces politiques,

économiques et sociales y sont préparées et n’ont qu’une seule ambition, relever les défis du développement et donner un véritable horizon au peuple malien”, a martelé Modibo Sidibé.

Daba Balla KEITA

26 Mai 2008