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Observer un an de jeûne et pour la rupture se contenter du plat d’une mouche : c’est un peu le destin du coup d’éclat de l’intervention militaire de la France au Mali.

Finalement à quel jeu joue la France et le pouvoir central de Bamako dans le problème de Kidal ? La ville qui m’a vu naître. Que de sévices endurés par les Noirs autochtones et étrangers de nos jours à Kidal !

Ce qui est surprenant c’est que la presse incendiaire occidentale n’en parle pas. Les Noirs sont dépouillés de leurs biens. On les contraint à tenir des propos désobligeants pour renoncer à leur nationalité au profit de l’Azawad. Le tout se passe devant l’armée française, mais qui reste indifférente même hier et aujourd’hui le 2 juin 2013.

C’était prévisible, car l’amateurisme caractéristique du type de gestion actuelle de la crise malienne fait dissiper la grande joie qu’avait ressentie le peuple malien dans son ensemble devant le discours de remerciement prononcé par le président par intérim du Mali le 2 février 2013 à l’endroit de François Hollande à Tombouctou et Bamako (cf. l’Inter de Bamako du lundi 11 février 2013, page 8, 2e titre).

Le Malien lambda, depuis la dernière sortie de l’armée française pour expulser le MAA d’Anéfis s’est fait une religion de la double gestion sécuritaire que la France fait de la crise malienne. Elle se résume comme suit : la région de Kidal est sécurisée par l’armée française pour le compte du MNLA son émanation. Quant au reste du pays, il est sécurisé par l’armée française pour le compte de l’armée malienne ! Le pouvoir central de Bamako s’y accommode…

Question : que prétend mijoter la France avec le MNLA à Kidal dont elle ne peut négocier officiellement le double avec les autorités légitimes de ce pays ? Certainement que la France est en train de nous appliquer la charte de l’impérialisme qui stipule en son article 10 que « toute intervention militaire a pour objectif de protéger nos intérêts et ceux de nos valets ».

Autres questions : pourquoi le fouet de la France derrière l’élection présidentielle de juillet 2013 ? N’a-t-elle pas un cerveau candidat pour signer officiellement la partition de notre cher pays ? Faisant ainsi recours à la charte de l’impérialisme en son article 4 qui dit ceci : « Tous les pays du Tiers-monde sont divisibles et leurs frontières déplaçables selon notre volonté. Le respect de l’intégrité territoriale n’existe pas pour le Tiers-monde ».

Aussi, derrière le déploiement des 12 600 casques bleus de l’ONU qui vont s’interposer entre Ançar Eddine substitué en MNLA puis en HCUA et l’armée régulière rendue impuissante, on lit la teneur de l’article 22 de la charte de l’impérialisme, je cite : « L’ONU est notre instrument, nous devons l’utiliser contre nos ennemis et les pays du Tiers-monde pour protéger nos intérêts ».

Dans tout ça, le silence complice de nos hautes autorités reste irritant. Quand est-ce que le pouvoir central de ce pays apprendra à respecter le peuple malien et apprendra à le sécuriser et/ou à lui dire la vérité sur son incapacité ?

Bref, d’après de Gaulle la France n’a pas d’amis mais des intérêts. Ce dicton semble être appliqué à notre cas, car le ministre français des Affaires étrangères est la nième personnalité française à être dépêchée de la même façon à Bamako (28 mai 2013) certainement pour une analyse approfondie du souhait formulé par Dioncounda Traoré après le soumet d’Addis-Abeba je cite : « L’armée malienne doit rentrer à Kidal avant la prochaine élection présidentielle du mois de juillet 2013″. Quoi de plus normal !

Décidément, la charte de l’impérialisme est encore en vigueur et est en train de s’appliquer de nos jours à notre pauvre nation.

En définitive, le peuple malien doit comprendre que devant la persistance confuse de la France dans cette aventure d’élection avec Kidal pas trop clair, le président ne peut rien, les cadres bien placés non plus, car chacun craint pour sa position. Seul le peuple souverain dans la rue à travers le pays en synergie d’action avec la position salutaire de la centrale syndicale de l’UNTM pourra faire reculer Hollande…

Ag Intazoumé Moussa Dicko

(Conseil national de la communauté Bellah, CNCB)

La charte en questions

La « charte » coloniale a été élaborée à Washington pendant la « Traite négrière », ensuite discrètement négociée à la « Conférence de Berlin en 1885″ pendant que les puissances occidentales se partageaient l’Afrique, renégociée secrètement à Yalta au moment du partage du monde en deux blocs après la Deuxième Guerre mondiale et pendant la création de la « Société des Nations », l’ancêtre de l’ONU.

(source : « Musée de Tervuren »)

06 Juin 2013