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Les Maliens viennent d’assister à la mort de la République avec l’élection du beau-père du président de la République, Isaac Sidibé, comme président de l’Assemblée nationale. Même si la Trinité, le père, le beau-père et le fils ont été élus, il y a un problème de légitimité populaire qui se pose.

Les deux premières institutions de la République ou plutôt du Royaume sont occupées par la famille royale Kéita comme du temps de Soundiata. Qui ose dire que c’est le « Mali d’Abord » et le « bonheur des Maliens » qui priment dans cette monarchie « hors saison » ?

Les Maliens voulaient le changement et nous sommes bien servis en ce sens que nous venons d’avoir un changement de la nature du régime sans passer par un référendum. Nous venons de passer d’une République à une « monarchie ». Les postes gouvernementaux, les hautes fonctions administratives et militaires, sont occupées par les membres de la famille royale Kéita. Le roi Ibrahim Boubacar Kéita a été élu au suffrage universel avec près de 80 % des voix exprimées et cela sur la base d’un slogan très porteur : « Le Mali d’Abord, le bonheur des maliens » Mais hélas ! La déception fut grande dès la composition du gouvernement d’Oumar Tatam Ly.

Des postes ministériels sont occupés par des neveux, des beaux-frères et des belles-sœurs. Pour ceux qui parlent d’une légalité pour la Trinité, il faut cependant remarquer que les ministres sont nommés par le roi en fonction de leur loyauté et leur dévouement à la fratrie et non par un vote. Par ailleurs, certains généraux ont même été acceptés dans la cour restreinte du roi pour leur participation au coup d’Etat ou/et à l’élection du roi.

En plus des postes, ils ont droit à des étoiles même cela faisait plus de trois ans que certains étaient au chômage technique. Cela fait désordre dans une armée en pleine reconstruction. Mais, cela n’est pas trop grave dans une monarchie, car c’est la décision du seul roi.

Le summum vient d’être atteint avec l’élection, sous haute surveillance du roi, du président de l’Assemblée nationale et non moins beau-père du prince qui est lui-même député. Quoi qu’il advienne, le pouvoir reste dans la fratrie et les Maliens n’auront leurs yeux que pour pleurer ou rêver encore du bonheur, de l’honneur, de la dignité et de la fierté tant promu par le roi.

Comment justifier toutes ces nominations népotiques et vouloir juger un autre ancien président, qui lui au moins, en 10 ans, n’a pas fait ce que IBK réalise en 5 mois ? Quelle légitimité pour parler au nom du « digne peuple du Mali » pendant que la famille au complet est assise à la mangeoire ? Sachons raison garder et respectons l’intelligence de ce peuple qui a tant souffert !

Au regard de tous ceux-ci, on est en droit, une fois de plus, de se poser la question à savoir si sommes-nous dans une République ou dans un Royaume ? La réponse est claire : la République est morte et vive le Royaume !

Amadou Tall

L’Indicateur du Renouveau du 24 Janvier 2014