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Le tribunal de première instance de Sikasso pose des actes qui irritent souvent les populations. C’est ainsi qu’une affaire, qui a débuté depuis le mois de carême de 2012, vient d’être jugée. Le juge a vraiment végété. Malgré une année d’attente, le dossier comportait des lacunes inexplicables.

L’affaire remonte au début du mois de carême de l’année dernière. Le sieur Yaya Dembélé venait de déménager au quartier de Lafiabougou situé au sud-ouest de la ville. Il a entrepris de cultiver de la patate douce dans la concession contigüe à la sienne, afin d’empêcher des herbes sauvages d’envahir l’environnement. Il demanda à son garçon âgé de 15 ans nommé Harouna Dembélé, un élève, de surveiller le champ de patate douce.
Un jour, au petit matin, vers 7 heures du matin, pendant que le jeune homme gardait le petit champ de patate douce, afin d’empêcher les bêtes d’y pénétrer, un enfant d’une famille voisine qui voulait se rendre à la boutique choisit de passer par ledit champ, au lieu de le contourner.
Harouna Dembélé demanda au jeune passant de ne pas pénétrer dans le champ au risque de recevoir des claques. Effrayé, celui-ci retourna au domicile paternel pour dire à sa maman, la nommée Maïmouna Sanogo, que quelqu’un l’empêche d’aller à la boutique.

Sans chercher à comprendre, Maïmouna Sanogo s’empara d’un coupe-coupe et prit la main de son fils et se dirigea en direction du champ de patate douce. Elle a demandé à son fils de traverser le champ et se lança à la poursuite de Harouna Dembélé qui faisait obstacle.
Ayant vu la dame Maïmouna Sanogo accourant vers lui avec un coupe-coupe, le jeune homme Harouna Dembélé voulut s’enfuir, mais il heurta un objet et s’affala sur le sol. C’est alors que la nommée Maïmouna Sanogo n’hésita pas à donner à Harouna Dembélé un coup de machette dans le dos, le blessant.
Alertée par les cris, une foule de gens prit subitement d’assaut les lieux.
Informé, le père de l’agressé, Yaya Dembélé , qui était sur un chantier, revint précipitamment à la maison. Il conduisit le blessé au commissariat du deuxième arrondissement situé au quartier Hamdallaye de Sikasso, non loin du lieu où les faits se sont produits. Les policiers lui demandèrent d’emmener son fils à l’hôpital d’abord, afin qu’il reçoive les premiers soins.

Après s’être exécuté comme les policiers le lui avaient demandé, le père de l’agressé est revenu au commissariat pour prendre une convocation destinée à Maïmouna Sanogo. Celle-ci et son mari étaient sortis et ne sont revenus que vers 18 heures. C’est donc le lendemain matin qu’ils se sont présentés devant le commissariat.
Après avoir écouté les deux parties, les policiers leur ont demandé de retourner à la maison. Et dans l’après-midi, ils ont appellé le jeune Harouna Dembélé pour le mettre au violon au motif que Maïmouna Sanogo leur a dit que c’est celui-là qui a, le premier, giflé son enfant et l’a blessé.
Après que Harouna Dembélé ait passé deux nuits au commissariat, les policiers lui ont demandé de payer 100.000 Francs Cfa.

Devant la tournure que les évènements prenaient, Yaya Dembélé se rendit au tribunal de Sikasso pour exposer l’affaire. Séance tenante, Harouna fut libéré au motif qu’il répondra désormais devant le tribunal.
Le jugement fut ainsi programmé maintes fois, mais ne se tint point. C’est finalement après la fête de Ramadan dernier que le tribunal a adressé une assignation aux deux parties pour indiquer la date du mardi 27 août 2013 pour la tenue du procès. Soit près d’une année d’attente.
Le mardi 27 août 2013, l’audience n’a duré que quelques minutes. Le tribunal condamna Harouna Dembélé au paiement d’une amende de 100.000 francs Cfa à la dame Maïmouna Sanogo.
Après l’audience, le sieur Yaya Dembélé a approché le juge pour mieux comprendre la décision de justice. A en croire les témoignages, le juge aurait dit que la décision est fondée sur les informations contenues dans le procès-verbal de la police.

Cet argument vaut ce qu’il vaut, sinon de l’instruction de l’affaire à la barre se dégage la vérité. En effet, les deux parties se sont expliquées devant témoins et il était possible de dégager la vérité. Mais le juge en a décidé autrement. Le tribunal de Sikasso est à ce stade jusqu’ici. Ainsi, plusieurs affaires sont le plus souvent jugées selon la tête du client.
Le perdant a interjeté, afin que la vérité apparaisse au grand jour. A
suivre !

Siaka BAMBA

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2ème Session du Conseil d’Administration de l’Observatoire des Droits Humains et de la Paix : promouvoir et la protection des droits humains au Mali

“Aujourd’hui, les organisateurs de défense des droits humains doivent être en première ligne dans le combat de protection de la dignité humaine et nous devons les aider à s’organiser pour leur permettre d’exercer leur rôle avec leurs compétences et leur sens des responsabilités nécessaires”, affirmait Me Kadidia Sangaré, présidente de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (Cndh) à l’occasion de l’ouverture Inaugurale de la 2ème session du Conseil d’Administration de l’Observatoire des Droits de l’Homme et de la Paix (Odhp).

M. Mahamane A Maïga (Pda) et Mme Noemy Barsita Chagoya (Minusma) ont tous participé à cette deuxième session de l’Observatoire. Cette 2ème session de son Conseil d’Administration fut une occasion pour l’Observatoire des Droits de l’Homme et de la Paix de dresser un bilan critique de son chemin parcouru.
Le Président Abraham Bengaly de l’Observatoire des Droits de l’Homme et de la Paix (Odhp) a indiqué dans son mot de bienvenue que “dans le contexte de post-crise qui est la nôtre, la définition de Bamako et la Charte Africaine de la Démocratie des Éélections et de la Gouvernance retrouvent toutes leurs activités….”

Ces deux instruments juridiques constituent aux yeux des observatoires des référencielles en matière de démocratie, de l’Etat de droit. Ils consacrent les principes fondamentaux tels que : le caractère inaliénable de la dignité; de l’égalité des êtres humains et le droit de chacun de participer à la vie sociale et politique. Ils prônent l’Etat de droit impliquant la séparation des pouvoirs, les droits de l’homme et les droits fondamentaux, l’égalité devant la loi ainsi que l’égalité des hommes et des femmes ; la tenue d’élections libres fiables et transparentex et la pratique du dialogue.
Quant à Maître Coulibaly Kadidia Sangaré, elle a indiqué dans son discours d’ouverture de la session que le thème retenu pour ce 2è Conseil d’Administration de l’Observatoire, à savoir “le rôle des défenseurs des droits de l’homme dans le rétablissement de l’état de droit, la consolidation de la démocratie et de la paix : enjeux défis et perspectives”, présente un caractère dynamique pour apporter des réponses justes aux préoccupations des populations, notamment les victimes des violations graves et massives des droits de l’homme.

Toujours selon la présidente de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (Cndh), elle suit particulièrement les travaux de l’Odhp depuis sa création. Des travaux qui s’inscrivent naturellement dans la logique et l’action de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (Cndh), à savoir la promotion et la protection des droits de l’homme.
Parlant de la crise dans notre pays, Maître Coulibaly Kadidia Sangaré a rappelé que le Mali s’apprête à entrer dans une période post-crise qui se caractérise par un fort besoin de justice. C’est que la justice est conçue comme un idéal de responsabilité et d’équité pour protéger et exercer des droits d’une part et, d’autre part, de prévenir et punir les violations de ces droits.

Durant cette journée, d’éminents acteurs se sont retrouvés sur le terrain des droits de l’homme et sont invites à refléchir sur cette matière et de faire des contributions pouvant permettre de mieux améliorer les droits de l’homme au Mali.
Alpha C. SOW

Nouvel Horizon du 10 Septembre 2013