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Le Tribunal de première instance de la Commune IV a vécu hier mardi, aux environs de 13 h, une fuite extraordinaire de détenus. Ceux-ci au nombre de trois personnes étaient venus en audience. Mais avant leur jugement, ils ont pu tromper la vigilance de leurs gardiens.

C’est dans la rue que des passants se sont rendu compte de la scène insolite. Les trois fugitifs étaient pourchassés par deux gardiens de prison et un policier. Deux des détenus attendus dans la rue adjacente par deux jeunes gens sur deux mobylettes Jakarta ont enfourché les deux motos. Le troisième quidam a eu confiance à l’agilité de ses jambes pour s’évaporer dans la nature.

Jusqu’au moment où nous les avons perdus de vue les évadés n’avaient pas été rattrapés. L’évasion de ces prisonniers de l’enceinte même du Tribunal de première instance de la Commune IV est différemment interprétée et la thèse de fuite organisée est la plus avancée.

Un cas similaire s’est passé au Tribunal de première instance de Kati en fin novembre 2012. Un suspect de vols avec mort d’homme à Kalabancoro, du nom de Bakary Monékata, radié de l’armée (dont le complice a été tué par la vindicte populaire à Kalaban-Adéken) qui devait être présenté au juge d’instruction s’est enfui dans la cour du tribunal.

Depuis plus de trois semaines, il court toujours dans la nature. D’aucuns pensent à un coup monté dans cette affaire de Kati et celle survenue hier au tribunal de Lafiabougou. La présence de deux motos qui ont facilité leur fuite est l’élément qui atteste la thèse du coup savamment préparé. Les responsabilités doivent être situées avec la prise de mesure pour éviter ces évasions multiples.

Abdrahamane Dicko

Les Echos du 19 Décembre 2012