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Le général Amadou Haya Sanogo dont l’audition était attendue mardi au Tribunal de 1ere instance de la Commune III (Pôle Pôle économique et financier sis à l’ACI 2000) n’est pas venu. L’école de la gendarmerie de Faladié où le juge d’instruction Yaya Karambé effectuera le déplacement est finalement retenue pour son audition.

Objet d’un mandat d’amener devant le juge d’instruction du 2e cabinet du Pôle économique et financier du Tribunal de la Commune III de Bamako, le général, Amadou Haya Sanogo, jusqu’au moment où nous mettions sous presse hier mardi à 16h, ne s’était pas présenté. Depuis plusieurs semaines la nouvelle sur le mandat d’amener émis contre lui et sa probable mise sous mandat de dépôt est relayée par des médias.

Le lundi 18 novembre 2013 était annoncé comme le jour indiqué. Il n’en fit rien. Hier mardi avait encore été annoncé avec une précision de taille (l’heure de sa présentation devant le juge d’instruction Yaya Karambé à 9h).

La presse écrite et audiovisuelle avait monté le guet très tôt le matin devant le pôle économique et financier à 8h. A part le mouvement de quelques justiciables venus régler des affaires les concernant et la présence de 5 policiers du commissariat du 14e arrondissement dans les locaux du tribunal, il n’y avait rien de spécial. Ces policiers qui avaient pris place à l’intérieur du tribunal depuis 8h sont retournés à leur commissariat à bord de leur Pick-up venu les chercher à 10h.

L’interpellation du général Sanogo est entourée de rumeur et de flou artistique. Il ne s’agit pas en réalité d’un nouveau mandat d’amener qui lui a été décerné. Il doit tout simplement répondre au même mandat auquel il avait refusé de répondre depuis plus de deux semaines et qui avait provoqué la colère du Procureur général près la Cour d’Appel, Daniel Amagouin Tessougué.

Supputations

Le départ des policiers présents au pôle en a rajouté aux supputations. Des informations glanées ça et là faisaient croire que l’ancien homme fort du CNRDRE ne sera plus entendu au pôle économique et financier mais plutôt au Camp I de la gendarmerie. Une autre information proche du tribunal faisait état de son audition à l’école de la gendarmerie de Faladié et cela pour des mesures de sécurité. Selon la même source, des proches collaborateurs du général Sanogo soupçonnés d’être à la base de disparitions, tortures et assassinats de militaires se sont déjà présentés au juge d’instruction.

Hier jusqu’aux environs de 15h, le juge d’instruction Yaya Karambé et sa greffière chargée de prendre l’audition du plus célèbre suspect dans l’affaire des bérets rouges des commandos parachutistes de Djicoroni Para et de la mutinerie de Kati, n’étaient pas encore sortis de leurs bureaux. Ce qui met le doute sur la possibilité d’auditionner le général dans la journée de mardi à moins qu’un moment spécial soit retenu en début de soirée pour passer à l’acte et loin des regards indiscrets. Des informations de dernière minute nous ont fait savoir dans l’après-midi que le général Sanogo n’est pas sorti de sa résidence pendant toute la matinée de mardi.

Abdrahamane Dicko

Les Echos du 20 Novembre 2013