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Au Mali, nonobstant l’adoption des principaux textes de l’OIT contre le travail des enfants, des cas de violences physiques, psychiques et sexuelles sont signalés sans que personne ne lève le petit doigt. La Journée internationale de lutte contre le travail des enfants, célébrée hier, visait à sensibiliser les uns et les autres sur les nombreuses violations.

Le Mali, à l’instar de la communauté internationale, a célébré la Journée internationale de lutte contre le travail des enfants, mercredi, sur le thème « Non au travail des enfants, dans le travail domestique », la Journée a été l’occasion, pour l’Association de développement de quartier/Club des amis de Mékin Sikoro, en collaboration avec ses partenaires de ADQ-Cams, BIT/Ipec de sensibiliser le maximum de personnes sur le travail des enfants.

Selon les différents intervenants, le constat n’est pas reluisant. Depuis quelques années, malgré la ratification par le Mali des accords internationaux qui ont trait au travail domestique des enfants, la situation perdure.

Selon les statistiques, environ 10,5 millions d’enfants dans le monde pour la plupart avant d’avoir atteint l’âge requis travaillent comme employés de maison chez des particuliers, dans des conditions dangereuses et parfois assimilables à l’esclavage, affirme l’OIT. Au Mali, plusieurs milliers de ces enfants qui travaillent sont âgés de 5 à 14 ans.

Il faut noter que ces enfants travaillent au domicile d’un tiers ou d’un employeur, s’acquittant de tâches comme le ménage, le repassage, la cuisine, le jardinage, l’approvisionnement en eau, la garde d’enfants ou les soins aux personnes âgées. Vulnérables aux violences physiques, psychiques et sexuelles et exposés à des conditions de travail abusives, ils sont souvent éloignés de leur famille, dissimulés aux regards extérieurs et deviennent très dépendants de leur employeur.

Beaucoup d’entre eux risquent de finir par être exploités sexuellement à des fins commerciales. « La situation de nombreux enfants travailleurs domestiques ne constitue pas seulement une violation grave des droits des enfants, mais elle demeure un obstacle à la réalisation de nombreux objectifs nationaux et internationaux de développement », ont fait valoir des spécialistes de la question.

Le représentant du maire de la Commune II, la représentante de la Cellule nationale de lutte contre le travail des enfants au Mali, et celui du BIT et d’ADQ-Cams ont fait cas des risques les plus répandus auxquels s’exposent les enfants. Ils ont mis l’accent sur la nécessité, pour les autorités, de prendre à bras le corps le phénomène. « Les dangers liés au travail domestique des enfants nous préoccupent gravement », ont-ils affirmé.

Amadou Sidibé et

Madina Traoré (stagiaire)

13 Juin 2013